LES ECHOS ET LES ARTICLES

L'espionnage US saboterait des programmes nucléaires en Iran

Reuters - 24.05.07 - Les services américains du renseignement et des centrales alliées mènent des opérations de sabotage industriel en Iran pour contrecarrer le programme nucléaire de la république islamique, a affirmé mercredi soir la chaîne de télévision CBS News. CBS précise que des scientifiques russes et iraniens sont utilisés dans ce cadre et que les méthodes employées incluent la modification de composants ou de documents techniques utilisés par les chercheurs iraniens.

Au département américain d'Etat, le porte-parole, Sean McCormack, s'est refusé à tout commentaire. Aucune réponse n'a pu être obtenue auprès d'un responsable du renseignement américain. Les Etats-Unis, qui accusent l'Iran de vouloir se doter de l'arme atomique sous le prétexte de développer un réseau d'électricité nucléaire, mènent une campagne diplomatique pour amener Téhéran à renoncer à ses ambitions. Mais le président américain, George Bush, a déclaré à plusieurs reprises que toutes les options étaient sur la table.

CBS ne précise pas les centrales étrangères de renseignement impliquées dans cette opération de sabotage pas plus qu'elle ne cite ses sources. La chaîne précise que les agents du renseignement participant à ces missions "incluent d'anciens scientifiques nucléaires russes de même que des Iraniens vivant à l'étranger". "Des agents ont vendu à l'Iran des composants présentant des vices de forme difficiles à détecter et qui les rendent instables ou inutilisables", explique CBS.

Ces actes de sabotage industriel seraient à l'origine de problèmes techniques rencontrés par les chercheurs iraniens dans le fonctionnement des centrifugeuses, appareils utilisés pour l'enrichissement de l'uranium. Des transformateurs électriques défectueux auraient ainsi provoqué une explosion à Natanz, détruisant une cinquantaine de centrifugeuses.
Source : Réseau Sortir du nucléaire

Pour le nucléaire, un Grenelle du mépris

Communiqué des Verts, du 21 mai 2007

Les Verts s’inquiètent du mépris avec lequel M. Juppé traite les citoyens et les associations de protection l’environnement quand l’alerte concernant le développement de l’industrie nucléaire est donné depuis des années, que 60% de l’opinion publique* se dit défavorable à toute nouvelle installation nucléaire et que les associations spécialisées n’ont de cesse de montrer la nécessité d’un moratoire en la matière.

M. Juppé prétend en effet écouter la société civile avant de mener sa politique environnementale, mais, dans le même temps et avant toute chose, explicite sa politique de développement de centrales nucléaires de troisième et de quatrième génération, assénant à tous et à toutes la soi-disant incapacité de la France à subsister sans énergie atomique.

Ce préalable est dommageable à plusieurs titres : d’abord parce que la toxicité à court et à long terme de la production de cette énergie est avérée, particulièrement en terme de gestion du risque, de transports et d’enfouissement des déchets radioactifs. Ensuite, parce que le secret défense, voire le mensonge permanent qui accompagne le nucléaire sont une perpétuelle insulte à la démocratie.

Enfin, parce que l’économie même que génère cette production énergétique est catastrophique : les études montrent en effet que le prix faramineux qu’un seul réacteur nucléaire représente (3 milliards d’euros pour le dernier) permettrait en effet la création de 10 fois plus d’emplois durables et d’au moins autant d’énergie propre s’il était investi dans le développement d’énergie renouvelable. Les Etats-Unis et la Chine se lancent ainsi dans ce domaine avec vigueur dès aujourd’hui.

Ainsi, si dès aujourd’hui la France ne change pas de politique et ne s’applique pas une logique de "rupture" si bien clamée par le président de la république, non seulement nous continuerons à être la poubelle de l’Europe, mais notre industrie nucléaire et les emplois qui lui sont liés, faute de reconversion, provoqueront des ravages sociaux à la mesure des fermetures des mines de charbon il y a quelques années, sinistrant à terme des régions comme celle de la Hague ou de Flamanville.

Anne Souyris, Porte Parole nationale des Verts
(com. transmis par le Réseau Sortir du nucléaire)

Fusion nucléaire : Hiper le faux frère d'Iter

[ Les échos 15/05/07 ] - Les physiciens européens proposent l'étude d'un réacteur à fusion allumé par laser et inspiré par la bombe H. Ces recherches concurrencent Iter mais partent avec du retard.

L'Europe est en passe de devenir le paradis de la fusion nucléaire. Après le futur démonstrateur Iter et le laser Mégajoule français, des physiciens européens préparent un projet ambitieux sur le même sujet, baptisé avec un certain culot « Hiper » (High Power Laser Energy Research). Emmenées par les Britanniques qui souhaitent accueillir ce faux frère d'Iter à domicile, 22 institutions de 9 pays ont proposé à Bruxelles de financer dans le 7e programme-cadre un réacteur à fusion pour produire de l'énergie. Il s'agit plus exactement d'étudier l'allumage par laser d'une réaction de fusion nucléaire. L'objectif ultime des chercheurs britanniques est de proposer une alternative à Iter. Le réacteur international qui sera construit à Cadarache, en Provence, mise également sur la réaction de fusion mais suivant la filière « magnétique ». Hiper veut défricher la voie du confinement inertiel, une approche moins évidente sur le papier pour produire de la chaleur et donc de l'électricité.

Rappelons d'abord que la fusion de deux noyaux légers (deutérium et de tritium par exemple) produit bien plus d'énergie nucléaire que la réaction de fission de l'uranium qui chauffe nos centrales actuelles. Cette équation se réalise toutefois à une difficile condition : il faut « persuader » les deux noyaux de se rapprocher, ce qu'ils détestent. Le mariage se fait donc au prix élevé de gigantesques températures en millions de degrés et de fortes densités. Seul le coeur des étoiles répond naturellement à ces conditions.

Une roue de secours

Sur terre, les chercheurs ont trouvé deux voies pour y parvenir. Les réacteurs du type Iter recréent dans leur tore (grand aimant en forme d'anneau) un champ magnétique qui chauffe et confine le mélange deutérium tritium. Plusieurs démonstrateurs ont réussi à entretenir ainsi une réaction de fusion en chaîne quelques secondes, mais aucun n'a prouvé sa viabilité industrielle.Iter devraréaliser huit minutes de fonctionnement, avec un rendement positif. La deuxième voie est, hélas, validée depuis longtemps par les bombes H. Cette voie de confinement inertiel soumet une bille de combustible à une violente compression, synonyme de densité et température. Dans les bombes H, elle est provoquée par une bombe A à fission.

Les chercheurs ont longtemps étudié le moyen de domestiquer cette énergie de fusion capricieuse. En laboratoire, ils ont imaginé trois méthodes pour allumer la fusion par confinement inertiel de microbilles. La plus avancée actuellement consiste à concentrer des dizaines de faisceaux laser très puissants sur une capsule en or. La lumière produit alors un violent rayonnement X, qui comprime en un millième de milliardième de seconde la microbille à des densités mille fois supérieures à celle des solides, provoquant la fusion du combustible. D'autres expériences moins abouties utilisent un bombardement d'ions lourds ou des arcs électriques. Les Français (laser Mégajoule) et les Américains (National Ignition Facility) sont les seuls à construire actuellement deux machines à lasers de ce type. Leur objectif est militaire puisque les expériences de fusion serviront à valider ces prochaines décennies les codes de simulation des explosions nucléaires. Ces programmes de plus de 2 milliards d'euros doivent compenser l'arrêt des essais nucléaires. En France, le CEA, qui exploitera le laser Mégajoule, a prévu d'ouvrir épisodiquement l'installation aux chercheurs civils pour des études en astrophysique par exemple. Mais son plan de charge prévoit peu d'expériences sur la génération d'énergie. Hiper offrirait donc un autre laser de puissance pour les recherches civiles. La production d'énergie sera sa priorité en ouvrant une porte de sortie au cas où Iter n'atteindrait pas ses objectifs. Ce type de réacteur offre pour avantage une grande sûreté de fonctionnement, puisque la fusion peut être arrêtée à tout moment. La quantité de matière nucléaire utilisée promet d'être faible, les déchets aussi. La puissance du dispositif offrirait également plus de souplesse qu'Iter, la cadence des tirs pouvant s'adapter aux besoins en électricité. Christine Labaune, directrice de l'Institut des lasers et plasmas (CEA, CNRS, Polytechnique, Bordeaux-I) indique que les Américains ont déjà un important programme sur le sujet. Les Japonais pourraient aussi faire des démonstrations d'ici quelques années.

40 faisceaux laser

Le confinement inertiel avec allumage laser part pourtant avec de nombreux obstacles. L'exploitation de la source de chaleur est complexe, puisque la fusion du combustible n'a pas lieu en continu comme dans le tore d'Iter mais par explosions intermittentes. Par analogie, Iter fonctionne comme un réacteur d'avion, tandis qu'Hiper fait penser à un moteur à explosion. Encore faut-il concevoir des lasers assez fiables et réactifs pour pouvoir rallumer une réaction toutes les dixièmes de seconde comme le prévoient les promoteurs du projet. Hiper se différenciera toutefois du concept Mégajoule par une technique dite d'« allumage rapide ». Ce système ajoute à la compression laser une autre source d'allumage avec un laser à impulsion courte de l'ordre de la picoseconde (millième de milliardième). Il devrait offrir un gain de 50 à 100 fois plus élevé que le concept type LMJ. Les chercheurs espèrent ainsi qu'en juillet 270 kilojoules d'énergie dans les lasers, on récupère une énergie de fusion 15 fois supérieure. Le contrôle de cette fusion explosive va exiger des recherches très fondamentales comme le comportement ultrarelativiste des particules en jeu. La violence du confinement inertiel pose aussi des questions d'ingénierie. D'après un spécialiste du plasma, l'explosion d'une microbille détruit tout dans un rayon de 1 mètre. La récupération des bouffées de chaleur dégagées par la fusion pour chauffer de l'eau et la turbiner n'est pas triviale non plus. Une première phase de trois ans d'étude à partir de 2008 précéderait la préparation de l'installation qui s'achèverait à la fin de la décennie suivante. D'après les premières esquisses, l'installation comprendrait 40 faisceaux laser. Comme pour Iter, beaucoup de chercheurs doutent de l'intérêt industriel du système, mais les spécialistes des lasers, des matériaux, des plasmas ou de l'énergie rêvent déjà des nombreuses recherches fondamentales que le projet pourrait financer, s'il est accepté par la Commission européenne. Bruxelles a déjà validé le concept en l'inscrivant à la liste des infrastructures de recherche prioritaires. Reste à trouver les moyens. Son coût est évalué à moins de 800 millions d'euros... un cinquième d'Iter ! Mais ce serait encore une manne de plus pour la physique au détriment de disciplines moins bien dotées. Réponse en juillet.
MATTHIEU QUIRET

Grenelle de l'environnement : MM. Sarkozy et Juppé veulent empêcher le débat sur le nucléaire

Le Réseau "Sortir du nucléaire" proteste contre la tentative du nouveau pouvoir en place, d'empêcher tout débat sur la question du nucléaire. Le Réseau "Sortir du nucléaire" est exclu des réunions de concertation en vue de la préparation du "Grenelle de l'environnement" : il n’a pas été convié par MM. Sarkozy et Juppé à la rencontre qui a lieu ce lundi 21 mai, à 11 heures, à l'Elysée, avec certaines organisations écologistes non gouvernementales. Il semble donc à l’évidence que le nucléaire reste un sujet tabou dont il est bien difficile de débattre dans notre pays.

Dès ses premières interviews après sa prise de fonctions de Ministre de l’écologie, Alain Juppé a clairement exclu toute remise en cause des projets de l'industrie nucléaire en précisant simplement qu’il faudra “l’expliquer aux Français”. Nicolas Sarkozy a, pour sa part, clairement affirmé, lors de sa campagne électorale qu’il est pour l’EPR et la relance du nucléaire qu’il juge comme étant “l’énergie du futur”.

Cette façon de faire est inacceptable, et cela d'autant plus que le nouveau gouvernement annonce vouloir renouveler les pratiques politiques. Il apparaît clairement que ce n'est pas le cas.

Le Réseau "Sortir du nucléaire" regroupe 776 associations et a rassemblé plus de 60 000 manifestants le 17 mars dernier contre la construction du réacteur nucléaire EPR.

Il rappelle qu'il est disposé à participer au "Grenelle de l'environnement", mais… seulement si le nucléaire peut être débattu et que les décisions n'ont pas été prises auparavant... Il ne faudrait pas en effet que le débat soit clos avant même d’avoir commencé !

C'est en particulier le cas du décret autorisant EDF à construire le réacteur nucléaire EPR à Flamanville, dans la Manche : ce décret a été pris par le gouvernement précédent… 10 jours avant le premier tour de l’élection présidentielle !

Il est donc nécessaire, pour que le “Grenelle de l'environnement” puisse se dérouler correctement, que le nouveau gouvernement procède – au préalable - à l'abrogation du décret de construction de l’EPR : il n'est pas envisageable de discuter d'environnement alors que, pendant ce temps, EDF construit un réacteur nucléaire supplémentaire.

Agir pour l’environnement, la Confédération Paysanne, Europe solidaire sans frontières (ESSF), l’Association de protection des espèces menacées (AVES) et le Groupe de Réflexion et d’Action Pour une Politique Ecologique ont rejoint le Réseau Sortir du nucléaire dans cette demande au gouvernement d’annuler le décret de l’EPR comme préalable indispensable à tout Grenelle de l’environnement.
Réseau "Sortir du nucléaire" - Fédération de 776 associations - Communiqué du lundi 21 mai 2007

"Il n'y a pas de solution sans le nucléaire", affirme Alain Juppé

Associated Press - 20.05.2007 - Alain Juppé, le nouveau ministre d'Etat chargé de l'Ecologie, du développement et de l'Aménagement durables, a affirmé dimanche que "le nucléaire n'est pas la solution pour les prochaines années", mais qu'"il n'y a pas de solution sans le nucléaire".

"Je crois qu'il n'y a pas de solution en matière énergétique dans les années qui viennent sans poursuite de l'équipement de la France en centrales électro-nucléaires, il faut donc mettre en oeuvre le programme de centrales de la troisième génération, tout en préparant la quatrième génération", a estimé M. Juppé, invité du Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI.

Dans un communiqué, le Réseau "Sortir du nucléaire" a dénoncé dimanche "la tentative du nouveau pouvoir en place d'empêcher tout débat sur la question du nucléaire", se disant "exclu des concertations" prévues lundi à l'Elysée pour préparer le "Grenelle de l'environnement" qui doit se tenir à l'automne.

Nicolas Sarkozy et Alain Juppé doivent recevoir lundi plusieurs associations en vue de la préparation de ce "Grenelle de l'environnement". M. Juppé a évoqué la présence d'"une dizaine d'ONG, par exemple WWF, Greenpeace, les Amis de la terre, la fondation Nicolas Hulot". Il a précisé que l'après-midi, plusieurs personnalités seraient également reçues, comme Edgar Morin et Jean-Marie Pelt.
"L'objectif de cette première série de réunions est d'essayer de fixer l'ordre du jour du Grenelle de l'environnement", a poursuivi l'ancien Premier ministre. "Le concept, c'est quatre participants autour de la table. C'est l'Etat, ce sont les entreprises, ce sont les organisations syndicales et c'est la société civile, et en particulier les associations et les ONG".

"Nous allons essayer de faire la liste des grands sujets prioritaires et de nous mettre d'accord, au moment de ce Grenelle, sur les actions à engager" concernant notamment "les OGM", "le réchauffement climatique", "les arbitrages à faire en matière de transports", a également souligné Alain Juppé.

Note du Réseau "Sortir du nucléaire" : Alain Juppé ne connait strictement rien au dossier du nucléaire, mais il s'est fait "tuyauter". Voilà donc qu'il recycle une vieille formule que viennent de lui souffler les lobyistes de l'atome : "Le nucléaire n'est pas la solution mais il n'y a pas de solution sans le nucléaire". Aussi convaincant que "En avril ne te découvre pas d'un fil" ou autres niaiseries.

Ecologie : M. Juppé a tout à prouver

En premier lieu : M. Juppé doit faire abroger, AVANT la tenue du "Grenelle de l'environnement", le décret de création du réacteur nucléaire EPR

Communiqué du vendredi 18 mai 2007 - Le Réseau "Sortir du nucléaire" se déclare très sceptique concernant la nomination de M. Alain Juppé à la tête d'un grand ministère chargé, entre autre, de l'écologie.

Certes, M. Juppé prétend avoir pris conscience de l'importance des questions environnementales, mais il semble encore bien loin d'avoir compris qu'il est nécessaire de rompre enfin, et au plus vite, avec les politiques économiques et industrielles du siècle dernier.

Alors que le nucléaire (civil et militaire) et le réchauffement climatique menacent directement l'avenir de la planète, M Juppé soutient des projets que, pour protéger l'environnement, il convient au contraire de combattre comme par exemple :

- la construction du réacteur nucléaire EPR, prévu par EDF à Flamanville (Manche) (*)
- la construction, en cours près de Bordeaux, du Laser Mégajoule, installation prévue pour mettre au point une nouvelle génération de bombes atomiques (**)
- le projet de contournement autoroutier de Bordeaux : une autoroute qui démultiplierait le transport routier et transpercerait les vignobles du Médoc.

M. Juppé fait aussi l'apologie de la voiture électrique en oubliant que, si ses batteries sont rechargées avec de l'électricité d'origine nucléaire, un tel véhicule est responsable des tares de l'industrie atomique (risques, déchets radioactifs, prolifération, etc).

Par ailleurs, M. Juppé est aussi défaillant sur le plan démocratique, comme le montre l'adoption récente par le maire de Bordeaux d'une "Charte de l'écologie urbaine" produite de façon technocratique sans la moindre concertation de la population qui n'a découvert ce document qu'après son adoption.

En conclusion, le Réseau "Sortir du nucléaire" estime que M Juppé doit donner des preuves de sa prise de conscience sur les questions environnementales. La première décision à prendre, la plus à même d'avérer une telle évolution, est incontestablement l'abrogation du décret autorisant EDF à construire le réacteur nucléaire EPR.

Contact presse : 06.64.100.333

(*) Par exemple, dans son livre "Lettres d'un voyageur", M. Juppé dernier évoque "la nécessité de mettre en œuvre un nouveau programme électronucléaire" (cf http://www.al1jup.com/viewReac.php?id=288 )

(**) Par exemple ici : http://www.u-bordeaux1.fr/Colloque-Sciences/Actes1.pdf

(***) M. Juppé a souvent prétendu qu'il y avait "la nécessité d'un grand contournement autoroutier de Bordeaux" (Voir par exemple http://www.asmp.fr/travaux/communications/2002/juppe.htm )
Réseau "Sortir du nucléaire" Fédération de 776 associations http://www.sortirdunucleaire.fr

Le TNP est en difficulté

Communiqué des associations françaises présentes à l'ONU à Vienne lors du Comité préparatoire (PrepCom) du Traité de non prolifération (TNP)
Abolition des armes nucléaires/Stop Essais, Action des citoyens pour le désarmement nucléaire (ACDN), Mouvement de la Paix. 14 mai 2007

« Le Traité de non prolifération est essentiel pour le désarmement nucléaire » : c'est ainsi que l'ambassadeur Yukiya Amano a commencé son discours pour conclure le Comité Préparatoire à la Conférence de révision du Traité de Non Prolifération nucléaire (TNP) dont il a présidé la réunion à Vienne, du 30 avril au 11 mai 2007.
La société civile, représentée par une soixantaine d'ONG dont plusieurs associations françaises, avait fait entendre sa voix, notamment pour dénoncer les politiques de modernisation des Etats dotés de l'arme nucléaire et pour demander aux Etats de se remettre au travail après les tentatives de blocage. L'ambassadeur Amano a tenu à les en remercier tout spécialement à la fin de son discours de clôture.
Pendant douze jours, les 188 Etats Parties au TNP devaient discuter de l'ordre du jour à adopter pour la Conférence d'examen du TNP de 2010. L'Iran a toutefois paralysé les débats jusqu'au mardi 8 mai, en s'opposant à un détail de formulation. Pour Dominique Lalanne, président du collectif Abolition des armes nucléaires : «ce n'était qu'un prétexte qui montre que la paralysie de cette assemblée est possible du fait de la règle du consensus que s'imposent les diplomates. Les pays dotés étant intransigeants sur cette coutume car un recours au vote serait un précédent gênant pour eux ».
Les pays non-dotés de l'arme nucléaire ont fait de nombreuses propositions toutes refusées en séance :
Proposition du Brésil et du Canada que les Etats nucléaires soient tenus de donner toutes les informations sur la composition de leurs forces nucléaires. Proposition rejetée par les Etats nucléaires.
Proposition du Costa Rica et de la Malaisie que le modèle de Convention de désarmement nucléaire (document élaboré par les ONG et déjà reconnu par l'ONU) soit accepté dans les documents de travail du TNP. Proposition refusée.
Proposition d' « assurance de sécurité négative » de l'Afrique du Sud. Cela consisterait en un engagement des Etats nucléaires de ne pas envoyer de bombe nucléaire sur un Etat non nucléaire. Réponse négative car « cela affaiblirait la dissuasion nucléaire ».
Pour Jean-Marie Matagne, président de l'Action des Citoyens pour le Désarment Nucléaire (ACDN): « parmi les interventions les plus remarquées, la Nouvelle-Zélande a souligné que la situation actuelle est inacceptable : 27000 bombes nucléaires nous menacent en permanence ».
En conclusion de ce Comité Préparatoire, l'ambassadeur Yukiya Amano a retenu la plupart des points importants soulevés : la nécessité d'une convention pour organiser le désarmement nucléaire, le besoin des assurances de sécurité négative, la validité toujours actuelle des 13 engagements de désarmement nucléaire décidés en l'an 2000.
Mais Arielle Denis, co-présidente du Mouvement de la Paix, s'interroge : « la volonté de cet ambassadeur courageux viendra-t-elle à bout de la mauvaise foi des Etats nucléaires ? »
Après ce premier Comité Préparatoire c'est un nouveau cycle de négociations qui s'ouvre pour 2010. D'ici là les ONG françaises présentes entendent développer leurs interventions pour que l'échec de 2005 ne se reproduise pas.
Contacts : Dominique Lalanne 06 32 71 69 90 / Jean-Marie Matagne 06 73 50 76 61 / Pierre Villard 06 82 92 29 46

«Le nucléaire ne nous sauvera pas du réchauffement»

L'atome peut-il être écolo?
Libération - lundi 14 mai 2007 - Dans la guerre planétaire lancée contre le réchauffement, le nucléaire est présenté comme l'arme idéale puisqu'il ne produit pas de gaz à effet de serre. Dans certains discours, du G8 à l'UE, on n'hésite pas à le classer parmi les énergies «renouvelables». Un expert reconnu, Benjamin Dessus, livre ici son opinion.

Le nucléaire, une énergie verte ?
C'est le discours que le lobby nucléaire veut imposer, en jouant sur deux tableaux : le nucléaire est «renouvelable» puisque, pour faire simple, on peut théoriquement multiplier par 50 les réserves d'uranium en réutilisant une partie du combustible usé pour fabriquer du combustible neuf ; et il ne produit pas de gaz à effet de serre. Il oublie d'évoquer les risques d'accidents et de prolifération, et le problème des déchets. On a vu ce discours se développer il y a quelques années quand l'industrie nucléaire était au fond du trou, puis le gouvernement s'en emparer car c'était une trop belle occasion de maintenir le statu quo ! Et je vois arriver le jour où on va nous dire qu'en France l'objectif de 20 % d'énergies renouvelables exigé par Bruxelles en 2020 est déjà atteint grâce au nucléaire ! On oublie aussi que le nucléaire ne sait pas tout faire. Il est adapté pour produire de l'électricité 8 000 heures par an (h/an), en «base», mais pas pour les besoins de pointe saisonnière. Ainsi, électricité nucléaire et électricité charbon sont à peu près au même coût, en base, à 8 000 h/an. Mais, pour 4 000 h/an, le coût du kilowattheure (kWh) est multiplié par 1,8 pour le nucléaire, et par 1,4 pour le charbon. Le nucléaire est trop cher pour le chauffage domestique qui fonctionne 2 500 à 3 000 h/an.

Contre le réchauffement, le nucléaire est-il l'idéal ?
Pas tant que ça ! Imaginons qu'en 2030, on ait multiplié par quatre le taux de nucléaire dans le monde, 10 000 TWh (térawattheure). Eh bien l'économie d'émissions de CO2 ne serait que de 9 % par rapport aux estimations actuelles pour 2 030. En revanche, les effets pervers de la situation seraient énormes, avec du nucléaire partout, y compris en Iran, au Pakistan, en Algérie. Se poseront aussi des problèmes de réserves d'uranium, évaluées à 70-80 ans. En 2080, il y aurait donc un problème de ressources et il faudra être passé à la quatrième génération de centrales, celles qui consomment du plutonium. Mais une civilisation du plutonium est bien plus dangereuse en termes de risques d'accidents et de prolifération.

Obtenir 50 % d'électricité nucléaire en 2020 en France (80 % aujourd'hui), est-ce pensable ?
On peut l'imaginer, sans pour autant renforcer nos émissions de CO2, à condition de respecter les recommandations de Bruxelles concernant les économies d'énergie et la part de renouvelable (21 % en 2010 pour l'électricité). Il faudrait alors produire 70 TWh en plus d'électricité renouvelable : une bonne trentaine à partir des déchets urbains, agricoles et forestiers et de la mini hydraulique, une quarantaine d'éolien. Quand on sait que les Allemands ­ qui ont démarré en 2000 ­ en sont à plus de 45 TWh, on voit que cela n'a rien d'invraisemblable. Au niveau national comme mondial, la principale marge de manoeuvre de lutte contre le réchauffement, c'est la maîtrise de l'énergie. Dans ce domaine, on oublie le rôle des infrastructures. Un exemple : Barcelone et Atlanta sont deux villes d'un million d'habitants. La première est concentrée, la seconde, étalée. La consommation d'énergie dans les transports est sept fois plus importante à Atlanta ! Mais une fois que l'autoroute est faite et les pavillons construits, il y en a pour cent cinquante ans ! Or nos dirigeants, nos élus locaux n'en sont pas conscients ! Autre exemple : en France, avec 1 kg d'équivalent pétrole, on parcourt 170 km en TGV et 39 en voiture...

Côté emplois ?
Le nucléaire, en France, c'est 100 000 à 150 000 emplois. Les énergies renouvelables, selon les experts, notamment à l'Ademe, sont porteuses de bien plus d'emplois par kWh fourni. C'est encore plus vrai pour les économies d'énergie dans le bâtiment. Un programme basé sur un plan d'isolation sérieux de 500 000 logements par an serait très efficace en termes d'économie d'énergie, d'équité sociale ainsi que de création d'emplois.

Mais, l'Allemagne, qui sort du nucléaire, accroît ses émissions de gaz à effet de serre...
Elle sort du nucléaire, se lance dans les renouvelables et s'équipe de centrales à gaz. Pas étonnant qu'elle ait du mal à respecter l'engagement pris de réduire de 25 % ses émissions en 2012 dans le cadre de Kyoto ! Et ce ne sont pas les éoliennes qui vont la sauver ! Il lui faut un vaste plan de sobriété énergétique ! En France, où le nucléaire est omniprésent, il ne représente que 17 % de l'énergie finale consommée. Dire qu'il va nous sauver du changement de climat n'est pas raisonnable ! Tout passe par la sobriété et la maîtrise de l'énergie.

A-t-on besoin de l'EPR ?
Quand on voit le renouvellement du parc nucléaire et les besoins d'électricité, même sans tenir compte des économies d'énergie à faire, le premier remplacement de centrales se situerait vers 2 030, et non 2020 comme le disent industriels et gouvernement. On n'est pas si pressé. On sait aussi que l'EPR est de même conception que la génération précédente et présente donc les mêmes types de risques. Aussi, les ingénieurs du CEA nous vendent l'idée de la génération 4 «révolutionnaire», mais qui n'arriverait pas avant 2040. Pourtant, quand on discute avec eux, on voit que ça ressemble à Superphénix qui a fonctionné jusqu'en 2000. Pourquoi faut-il quarante ans pour développer cette génération ? Ce qui aurait été raisonnable, c'est d'attendre la construction de l'EPR en Finlande avant d'en lancer un en France. Afin de vérifier qu'on ne se lance pas dans un combat d'arrière-garde. Ma crainte, c'est que la relance du nucléaire aux Etats-Unis se fasse avec les premiers éléments de la quatrième génération, et que l'on se retrouve vite avec un système obsolète en France et à l'étranger.
Source : Réseau Sortir du nucléaire

Grève de la faim sur les campus californiens contre la mise au point de nouvelles armes nucléaires

Samedi 12 mai 2007 - Une grève de la faim a commencé sur les campus de l’Université de Californie.

Plus de 40 étudiants ou anciens étudiants ont décidé de renoncer à toute nourriture jusqu’à ce que l’Université rompe ses liens avec les laboratoires de Los Alamos et Lawrence Livermore, qui sont en train de planifier la fabrication de tout un arsenal de nouvelles bombes à hydrogène, en violation de l’engagement pris par les Etats-Unis [NB : et la France], au sein du Traité de Non Prolifération, de poursuivre des efforts de bonne foi en faveur du désarmement nucléaire.

Ils ont besoin de soutien ! On peut s’informer, diffuser l’information, écrire aux régents de l’Université pour leur demander de renoncer à ses conventions et ses liens avec les laboratoires d’armement. Voir : http://www.sbantiwar.org/hungerstrike

Vidéo du lancement de la grève et dernières nouvelles sur : http://nonukeshungerstrike.blogspot.com

De la part du Conseil Mondial d’Abolition 2000 - Source : ACDN

Energie : ce qui attend le Président Sarkozy

Enerpresse - 9 mai 2007 - Malgré le calamiteux échange sur le nucléaire du débat du 3 mai, l’énergie n’a pas été l’un des sujets phare de cette campagne électorale. Pourtant, l’agenda énergétique n’est pas le moins épais. Au cours des toutes prochaines semaines, le gouvernement - que d’aucuns imaginent déjà dirigé par François Fillon - devra organiser l’ouverture totale des marchés de l’électricité et du gaz (pourtant crainte par nombre d’élus UMP !), lancer la délicate réforme des régimes spéciaux (et donc des IEG !), et prendre une position claire sur le grand feuilleton politico-industriel français : la fusion Suez-GDF.

Un projet pour lequel la messe ne semble pas encore être dite. Apparaissant de plus en plus isolés, les patrons des deux groupes considèrent que le rapprochement entre les deux énergéticiens a toujours du sens. Du temps où il n’était encore que candidat, Nicolas Sarkozy semblait pencher pour un rapprochement entre Suez et la Sonatrach algérienne. Voilà pour l’urgence !

Mais le moyen terme n’est pas moins chargé. Durant sa campagne, le président de l’UMP a promis l’organisation, en septembre probablement, d’un «Grenelle de l’Environnement ». Devant se tenir avant l’élaboration de la prochaine loi de Finances, cet événement sera l’occasion de présenter la nouvelle politique énergétique et climatique française. Politique dont la première pierre devrait être la fusion des ministères en charge de l’Ecologie, des Transports et de l’Energie. Ce grand portefeuille pourrait être confiée à Nathalie Kosciusko-Morizet, députée de l’Essonne et rapporteur d’un remarquable rapport sur les changements climatiques.

Si elle est nommée à ce poste ambitieux, l’ancienne rapporteur du projet de loi constitutionnelle sur la charte de l’environnement devra tout faire pour que la France respecte les nouveaux engagements européens en matière de lutte contre les changements climatiques. Ce qui devrait se traduire par un accroissement des soutiens publics aux énergies renouvelables, un alourdissement de la taxation des pollutions (qui devra représenter 5% du PIB en 2013, contre 2,3% aujourd’hui, ndlr) et une petite relance du nucléaire civil. Et cela sans oublier que, d’un autre côté, le gouvernement voudrait réduire de quatre points en dix ans les prélèvements obligatoires.
Source : Réseau Sortir du nucléaire

Le Réseau "Sortir du nucléaire" offre à M. Sarkozy une remise à niveau sur le nucléaire

Lors du débat qui l'a opposé à Mme Royal le 2 mai, Nicolas Sarkozy a démontré l'étendue de ses faiblesses sur le dossier du nucléaire. Mme Royal s'est aussi trompée mais il est bien logique de se pencher de plus près sur les erreurs de celui qui sera Président de la République dès le 16 mai prochain.

M. Sarkozy s'est ainsi trompé sur la part du nucléaire dans la production d'électricité. Et, à propos du vieillissement des centrales, il a mentionné de mystérieux "chapeaux de couverture" qui ne correspondent à rien de connu.

M. Sarkozy s'est aussi lourdement trompé concernant le réacteur nucléaire EPR, qu'EDF entend construire à Flamanville (Manche) : selon ses propres constructeurs, ce réacteur est de 3ème génération, or M. Sarkozy l'a placé dans la 4ème génération. C'est d'autant plus troublant que c'est M. Sarkozy lui-même, lorsqu'il était ministre de l'économie en 2004, qui a expliqué aux parlementaires français qu'il était nécessaire de construire l'EPR dont, de toute évidence, il ne sait rien.

Par ailleurs, M. Sarkozy croit à tort que le nucléaire protège la France de la montée du prix de l'énergie et permet de lutter contre le réchauffement climatique. Enfin, M Sarkozy s'était aussi trompé en début d'année concernant les sous-marins nucléaires.

Il apparait donc absolument nécessaire que M. Sarkozy, avant son entrée en fonction le 16 mai, bénéficie d'une remise à niveau sur le nucléaire... et sur la possibilité d'en sortir. Soucieux de l'intérêt général mais aussi de son indépendance, le Réseau "Sortir du nucléaire" propose de dispenser gracieusement cette formation à M. Sarkozy.
Réseau "Sortir du nucléaire" - Fédération de 772 associations - www.sortirdunucleaire.fr
Communiqué du dimanche 6 mai 2007


Essais nucléaires. Il obtient gain de cause

Le télégramme - 5 mai 2007 - La cour d’appel de Rennes a confirmé, hier, la responsabilité de l’autorité militaire dans le cancer dont a été victime un marin qui avait participé aux essais nucléaires dans le Pacifique. En revanche, elle a considéré que la contamination n’était pas prouvée pour deux autres marins, eux aussi atteints d’un cancer après avoir servi au centre d’expérimentation de Polynésie.
Michel Cariou, spécialiste de radio-protection, était embarqué à bord du croiseur De Grasse lors de campagnes de tirs atmosphériques du Centre d’expérimentation du Pacifique, de 1966 à 1973. Il tombe malade en 1997, treize ans après qu’il a pris sa retraite à Brest. Diagnostic : un cancer de la thyroïde.
Le lien entre exposition et maladie
Pour lui, c’est la conséquence des radiations auxquelles il avait été exposé trente ans plus tôt. Il fait une demande de pension d’invalidité qui lui est refusée en 2003. Il saisit alors le tribunal des pensions militaires de Brest qui lui donne raison deux ans plus tard : il considère que sa maladie est bien imputable au service, et fixe à 40 % son taux d’invalidité. Mais le ministre des Anciens combattants a fait appel de ce jugement, en faisant valoir que les conditions de radioprotection avaient respecté la réglementation de l’époque, que les retombées étaient inférieures à celles autorisées, et que la « minime contamination » dépistée chez Michel Cariou était également inférieure aux normes légales. Pour le ministère, il n’y avait pas de « présomptions suffisantes permettant d’établir l’imputabilité de manière certaine ».
La cour ne l’a pas entendu ainsi. Reprenant un par un tous les éléments du dossier médical de Michel Cariou, mais aussi les circonstances dans lesquelles le De Grasse avait été exposé aux retombées nucléaires, elle a considéré que la preuve était bien établie du lien entre la contamination radioactive et la maladie.
Pas de « présomptions suffisantes »
André Le Bot, un électricien de Marine demeurant Loperhet, est mort en 2003 d’un cancer du colon. Il avait servi à Mururoa et participé à trois tirs nucléaires à bord du bâtiment-base Morvan, en 1967 et 1968. Son épouse a demandé une pension militaire de veuve, refusée par l’administration puis par le tribunal des pensions. Tous deux estimaient que le lien de causalité n’était pas établi entre l’exposition et la maladie. La cour a conclu de la même manière : si la contamination est « envisageable », les éléments du dossier (éloignement de la zone, relevés effectués sur le bâtiment, examens médicaux) ne constituent pas des « présomptions suffisantes ». André Dayot, de Pléneuf-Val-André (22), était matelot à bord de La Maurienne, en 1968 et 1969, et a participé à deux tirs près des atolls de Mururoa et Fangataufa. Vingt ans plus tard, un cancer de la peau est diagnostiqué et lui vaut six opérations au visage. Le tribunal des pensions n’a pas donné suite à sa demande, en raison du taux d’invalidité (moins de 10 %), inférieur au minimum requis pour la prise en charge d’une infirmité. La cour a confirmé ce jugement.
Alain Le Bloas

Des nouvelles de la campagne de blocage de la base nucléaire de Faslane, en Ecosse

With 147 days to go 85 blockading groups have participated in Faslane365, maintaining 116 days of presence, with 740 arrests and 29 prosecutions. Trials are coming up on 14 May at Victoria Halls in Helensburgh and 11, 20 and 25 June at Helensburgh District Court. There is still only one conviction on a guilty plea coming out of a F365 action.

Blockading Groups Continue
Demanding freedom for both Mordechai Vanunu and Palestine the Vanunu Freedom Ride began at the gates of Faslane with a flag-making workshop before setting off on their 2nd annual 200 mile ride to London. According to the group’s website Vanunu spent 18 years in prison “12 of these in solitary confinement, for telling the world that Israel was secretly developing nuclear weapons …. Vanunu was released from prison in April 2004, but is still not free. His freedom of speech, movement and association are all severely restricted in clear contravention of his human rights. He is denied a passport, and not even allowed to leave East Jerusalem without permission. He is forbidden to communicate with foreigners or discuss Israel’s nuclear weapons, and suffers continuing harassment by the Israeli authorities. 21 years’ detention is 21 years too long”. The ride ended at the Israeli Embassy. Read more about Mordechai Vanunu and Israel’s nuclear weapons on the Freedom Ride’s website: http://www.vanunufreedomride.org.uk .

Quirkiest Group Ever
Taking the prize for the quirkiest blockading group so far is the multi-national but mostly Swiss group CIA (an acronym for Cows in Action) brought to us by the one of a kind Renate, a part-time cow herder from the Swiss hinterlands. Calling for nuclear free hay for all cows, some dressed in cow suits and others wearing large felted cowboy and cowgirl hats, these actually serious environmentalists, many of whom work for Greenpeace, fooled the police and, after two days of fun and games with cow toys at the gates, boarded a bus for home but doubled back to chain themselves across the North gate by surprise when no cops were there to stop them.

Committed
A small but committed Glasgow affinity group made a presence in April and are set to return monthly for the duration, beginning on 13 June, 9 July, 13 August and 21 September. They would welcome reinforcements of arrestables or non-arrestables and can be contacted at: <faslane365.org>. We know there are many supporters out there in the greater Glasgow area who have been out to Faslane in years past. We need your support again this year.

Serious Lock-ons
A group of twenty-two Trident Ploughshares people pulled off a surprise blockade which succeeded in locking the base down for a full two hours during the school Easter holidays. Three groups simultaneously blocked the North Gate, the South Gate and the Oil Depot Gate at morning rush hour, all with lock-ons, some of which occupied cutting teams for close to an hour. The North Gate group piled out of vans at the roundabout, and succeeded in getting locked on in the gate, despite waiting police who attempted to push them back into the vans. Two supporters were arrested for waving down traffic for safety when blockaders were lying in the road. To their delight the blockaders were all released from police custody by late afternoon, eight of them with undertakings to appear in court. All plead Not Guilty and trial dates are spread over August, September and October.

La suite : http://www.faslane365.org/en/newsletter_may_2007
et en francais : http://www.faslane365.org/fr

Réacteurs nucléaires : les générations fantômes

Il existe différents types de réacteurs nucléaires, mais ils ont tous été conçus à la même époque. Le concept de "générations" de réacteurs nucléaires n'est qu'un emballage publicitaire inventé en 2001 par l'industrie nucléaire pour donner l'impression qu'elle progresse continuellement.

Lors du débat qui les a opposés le 2 mai, Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy ont démontré l'étendue de leur incompétence en matière de nucléaire. Les deux candidats se sont en particulier trompés sur la part du nucléaire dans la production d'électricité. Par ailleurs, à propos du vieillissement des centrales, M. Sarkozy a mentionné de mystérieux "chapeaux de couverture" qui ne correspondent à rien de connu.

Enfin, les candidats se sont affrontés sur le réacteur EPR, qu'EDF entend construire à Flamanville (Manche). Selon ses propres constructeurs, ce réacteur est de 3ème génération. Mme Royal a donc eu raison sur ce point, contrairement à M. Sarkozy qui l'a placé dans la 4ème génération. C'est d'autant plus troublant que c'est M. Sarkozy lui-même, lorsqu'il était ministre de l'économie en 2004, qui a expliqué aux parlementaires français qu'il était nécessaire de construire l'EPR dont, de toute évidence, il ne sait rien.

Mais oublions un instant nos deux candidats et leurs erreurs pour nous pencher sur une question que personne n'a posée jusqu'à maintenant : qu'est-ce qu'une génération de réacteurs nucléaires ? La réponse est simple : cela n'existe pas. Il ne s'agit là que d'un emballage publicitaire inventé en 2001 par l'industrie nucléaire pour donner l'impression qu'elle progresse continuellement.

Laissons de coté la fusion nucléaire dont rien ne permet d'affirmer qu'elle parviendra un jour à produire industriellement de l'électricité... ce qui n'empêche pas la France de se gargariser d'accueillir bientôt à Cadarache (Bouches-du-Rhône) le réacteur ITER. Ce dernier, même si sa construction était hélas menée à terme, ne produira pas d'électricité mais en consommera beaucoup.

Penchons nous donc sur les réacteurs nucléaires qui fonctionnent sur le principe de la fission nucléaire. Il en existe de différents types, que l'on distingue selon trois critères :

- le combustible : uranium naturel, uranium enrichi, Mox (mélange d'uranium et de plutonium), etc.
- le modérateur : eau, eau lourde, graphite, etc.
- le fluide caloporteur : eau pressurisée, eau bouillante, sodium, gaz, etc.

En jouant sur les trois critères, on peut envisager des dizaines de réacteurs différents. Historiquement, pour des raisons technologiques et économiques, certains ont été privilégiés : la majorité des 435 réacteurs (chiffre au 1er janvier 2007) en fonctionnement sur Terre sont des réacteurs à eau pressurisée ou à eau bouillante, avec comme combustible de l'uranium enrichi. Notons cependant, nous allons y revenir, qu'il existe une catégorie très particulière, les réacteurs à neutrons rapides.

Les bases techniques de tous les réacteurs nucléaires ont été posées dès années 50. Il n'y a donc en réalité qu'une seule génération de réacteurs nucléaires, ces derniers étant tous "frères". C'est pour cela que le fameux réacteur EPR n'est en rien de "3ème génération" : c'est un réacteur à eau pressurisée, prévu pour fonctionner avec du combustible mox, comme c'est le cas de dizaines de réacteurs construits depuis 30 ans ou plus. L'appellation "3ème génération" sert juste à faire croire aux citoyens que l'EPR représente quelque chose de nouveau, qu'il constitue un progrès par rapport aux réacteurs actuels.

Il en est de même des réacteurs désignés par le terme "4ème génération" et que l'on nous promet pour 2030 ou 2040 alors qu'ils existent eux aussi... depuis les années 50 ! En vérité, cette supposée "4ème génération" n'est qu'une nouvelle appellation pour les fameux réacteurs à neutrons rapides que nous avons déjà mentionnés. En France, par exemple, le réacteur Superphénix, mis en service 1985, relève de cette catégorie. Chacun se souvient des incroyables déboires techniques rencontrés par ce réacteur qui n'a jamais bien fonctionné et, finalement, n'aura réussi… qu'à désintégrer 10 milliards d'euros.

Malgré cet échec cuisant, le lobby nucléaire a décidé de retenter l'expérience. Pour ne pas susciter la colère des citoyens, il a été décidé de faire croire à une nouvelle technologie en utilisant le terme de réacteur de "4ème génération". Mais, selon le CEA lui-même [1], il s'agira bien d'un réacteur à neutron rapide et caloporteur sodium : c'est bien le retour de Superphénix, qui, comme son nom l'indique, renaît indéfiniment de ses cendres.

Cette affaire de générations de réacteurs nucléaire n'est donc qu'une mystification. On peut d'ailleurs le vérifier en se reportant aux articles de presse traitant de l'EPR, et ce depuis le milieu des années 90. Pendant des années, il n'a jamais été question de "3ème génération". Ce terme est apparu subitement en 2001 dans les publications et publicités de l'industrie nucléaire. Objectif atteint : peu à peu, sans s'apercevoir qu'ils ont été manipulés, les journalistes ont intégré l'idée que l'EPR serait de "3ème génération"… sans même se demander d’où provient ce terme, et s'il recouvre autre chose qu'un bel emballage publicitaire.

La réalité est simple : l'EPR est un réacteur tout à fait comparable à ceux qui ont été construits depuis des décennies. Il est donc susceptible d'occasionner une catastrophe nucléaire et il produira des déchets radioactifs pour lesquels n'existe aucune solution. L'EPR est un réacteur du passé. Raison de plus pour ne pas le construire en France et investir plutôt, comme le demandent 78% des citoyens (sondage LH2 février 2007), dans les énergies renouvelables.

5 mai 2007 - Stéphane Lhomme - Porte parole du Réseau "Sortir du nucléaire"
[1] www.cea.fr/fr/actualites/articles.asp?id=706

Enfouissement des déchets radioactifs : le tour de passe-passe de Sarkozy

Interrogé sur le problème de l'enfouissement des déchets radioactifs, Nicolas Sarkozy s'est fendu d'une lettre de trois pages adressée à l'association des élus opposés.
Trois pages pour dire qu'il comprend leurs inquiétudes et les remercie de s'inquiéter au nom de tous les Français, mais trois pages dans lesquelles pas une seule fois il n'est question d'enfouissement. Il propose seulement la création «d'une CADA (NDLR: commission d'accès aux documents administratifs) du nucléaire qui ferait le tri entre les documents communicables aux citoyens et ceux qui ne peuvent pas l'être pour des raisons de sécurité nationale. Je n'envisage pas de sortie rapide du nucléaire». Et Bure dans tout ça?
Est Républicain - vendredi 4 mai 2007 - Karine Diversay - Source : Réseau Sortir du nucléaire

Débat Sarkozy/Royal : Sarkozy confond la 3ème et la 4ème génération de réacteurs nucléaires

Le Réseau "Sortir du nucléaire" exprime sa plus grande stupéfaction devant l'incompétence criante de M Sarkozy en matière de nucléaire. En effet, lors du débat avec Mme Royal, M Sarkozy a confondu la 3ème et la 4ème génération de réacteurs nucléaires (qui sont certes aussi nuisibles l'une que l'autre, mais qui sont technologiquement extrêmement différentes)
C'est d'autant plus choquant que c'est M. Sarkozy, lorsqu'il était ministre de l'économie en 2005, qui a lancé le projet EPR, dit de 3ème génération, que M Sarkozy croit être de 4ème génération.
Le Réseau "Sortir du nucléaire", tout en dénonçant TOUS les réacteurs nucléaires, exprime sa plus grande préoccupation devant l'incompétence affichée par M Sarkozy.
Réseau "Sortir du nucléaire" - Fédération de 772 associations - Communiqué du 3 mai 2007

Suites du débat Sarkozy - Royal
Le nucléaire ne couvre que 17% de l'énergie consommée en France

Suite aux chiffres erronés annoncés lors de leur débat par M Sarkozy et Mme Royal, le Réseau "Sortir du nucléaire" tient à rappeler quelques données fondamentales :

Le nucléaire représente 78% de l'ELECTRICITE produite en France, mais il ne couvre finalement que 17% de l'ENERGIE consommée dans l'hexagone. Le nucléaire représente d'ailleurs à peine 2% de l'énergie consommée sur la planète, ce qui en fait une énergie marginale (bien que le risque nucléaire soit, lui, maximal).

Le chiffre de 50% avancé par M. Sarkozy ne correspond tout simplement à rien. Il s'est d'ailleurs aussi lourdement trompé en confondant les générations de réacteurs.
Le chiffre de 17% avancé par Mme Royal correspond à la part du nucléaire dans l'énergie consommée en France et non dans la production d'électricité.

Le trio pétrole/gaz/charbon couvre environ de 70% de l'énergie consommée en France (pétrole 45%, gaz 21%, charbon 4%).

Contrairement à ce qui est souvent dit, le nucléaire ne représente finalement qu'une petite part de l'énergie consommée en France car il ne peut répondre qu'à des besoins précis et limités.

C'est pour cela que la facture énergétique française (sans même compter la facture nucléaire) a doublé en 3 ans : le nucléaire ne protège pas la France de l'envolée du prix de l'énergie… mais il fait par contre courir un véritable risque à l'ensemble du pays (en cas d'accident nucléaire)

De plus, la facture nucléaire s'annonce elle aussi très lourde (démantèlement des installations, gestion des déchets) : plusieurs centaines de milliards d'euros.

En résumé, le nucléaire est une énergie trop marginale pour pouvoir protéger la France de la montée du prix de l'énergie, et le nucléaire s'avère finalement une très mauvaise affaire financière pour la France.
Réseau "Sortir du nucléaire" - Fédération de 772 associations - Communiqué du 3 mai 2007

Appel du 1er mai 2007
Sur le TNP et l’élection présidentielle française

DECLARATION DE VIENNE
Réuni à Vienne du 30 avril au 10 mai 2007, le Comité préparatoire à la conférence de révision de 2010 du Traité de Non Prolifération (TNP) a souligné dès sa première séance la gravité du risque de prolifération nucléaire. Ce risque, récemment illustré par la Corée du Nord et présumé de la part de l’Iran, ne peut que croître du fait que les Etats dotés d’armes nucléaires ne respectent pas eux-mêmes l’article VI du Traité qui les oblige à négocier et mettre en œuvre l’élimination de leurs propres arsenaux.

Dans ce contexte, nous souhaitons souligner l’extrême responsabilité des Etats dotés d’armes nucléaires, et notamment de la France. Son prochain chef d’Etat devra l’engager rapidement dans la négociation d’un processus d’abolition des armes nucléaires. Nous regrettons vivement que les deux candidats encore en lice, Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy, ne prévoient ni l’un ni l’autre de se conformer à l’article VI du TNP.

Nous déplorons que Nicolas Sarkozy, candidat à l’élection présidentielle, ait fait sienne la nouvelle stratégie nucléaire définie par le président Chirac le 19 janvier 2006, que Ségolène Royal récuse pour sa part. Selon cette stratégie, les « intérêts vitaux » de la France, que la force de frappe française est censée défendre, sont définis d’une manière tellement large que tout peut devenir, au gré du président de la République, prétexte à employer des armes nucléaires, y compris (et surtout) contre la population d’un Etat qui n’en possède pas.

A nos yeux comme aux yeux d’une grande majorité de peuples et d’Etats, cette politique est totalement inacceptable. Nous invitons le peuple français à bien mesurer le danger d’une telle politique lorsqu’il désignera la personne, homme ou femme, qui, en tant que chef de l’Etat et chef des armées, aura un accès exclusif au bouton nucléaire.

- Abolition des armes nucléaires / Stop-Essais
- Action des Citoyens pour le Désarmement Nucléaire
Cette déclaration a reçu le soutien de nombreuses ONG internationales présentes au Comité Préparatoire.

Des étudiants antinucléaires ferment le QG du Parti travailliste australien en réponse à la politique nucléaire désastreuse de ce parti

30 avril 2007

A collaboration of community representatives have locked down Victorian headquarters of the ALP headquarters to voice their disgust that the party is locking Australia into a dangerous nuclear future.

“We are here locking the parliamentarians out of office as the Australian Labour Party (ALP) is locking us into a radioactive future.” Said spokes person for the Australian Student Environment Network (ASEN) Claire McCall

“The ALP is obviously suffering an ethical leak with its U-turn on uranium mining positioning Australia to be the world’s leading supplier of nuclear materials and climate chaos.” Said Claire McCall.

“How can the ALP say they are different to Howard when both parties are sending Australia down a path of moral and ethical bankruptcy. Howard is risking the health, safety and future of the Australian people and economy with an unknown and unsustainable nuclear power pipe dream for Australia.” Said Teishan Ahearne.

“If we are going to be fair dinkum on climate change, we need a fair dinkum energy revolution globally, which means renewables like wind and solar, not dangerous reactors and uranium mining”

“Climate change must be dealt with by real changes to our economy and society, not by substituting one environmental disaster for another.” Concluded Claire McCall.

Media Comment: Claire McCall at ALP HQ: 0412 656 017
Teishan Ahearne: 0432 228 729

Le nucléaire n’est ni bon marché, ni bon pour le climat

27 avril 2007 - Une nouvelle étude, issue du Ministère de l’environnement allemand le confirme : le nucléaire produit du CO2 tandis que la production de chaleur et d’électricité par des chaudières en cogénération est moins coûteuse et meilleure pour l’environnement.

Pour le ministre allemand de l’Environnement, Sigmard Gabriel : « Contrairement à ce qu’aiment affirmer ses partisans, l’atome produit aussi du CO2. Les mines d’uranium produisent des quantités considérables de gaz à effet de serre qui dépassent largement celles nécessaires pour mettre en place des énergies renouvelables, éolienne, hydraulique ou biogaz. Mais même une chaudière à cogénération utilisant le gaz terrestre a un bilan CO2 qui soutient facilement la comparaison avec l’énergie nucléaire ».

Cette étude fait le bilan des émissions totales de gaz à effet de serre des principales sources de production d’électricité. Il en ressort clairement que suivant l’origine de l’uranium, une centrale nucléaire allemande génère entre 31 et 61g de CO2 par KWh produit. En comparaison, les énergies renouvelables produisent des quantités moindres : seulement 23g/KWh pour l’éolien et 39 g/KWh pour l’énergie hydraulique. Seule l’électricité photovoltaïque dépasse l’électricité nucléaire avec 89g/KWh.

Le prétendu avantage de l’électricité nucléaire diminue encore si l’on tient compte aussi du fait qu’un ménage n’a pas besoin uniquement d’électricité mais aussi de chaleur et qu’il est beaucoup plus efficace d’utiliser la chaleur perdue lors de la production d’électricité, comme lors de la cogénération. En effet, lorsqu’on utilise de l’électricité nucléaire, on a parallèlement besoin d’une autre source de chaleur pour se chauffer, le plus souvent du fuel ou du gaz, ou bien des convecteurs et un chauffe-eau électrique (au très faible rendement). Une chaudière locale qui produit à la fois de la chaleur et de l’électricité émet moins de gaz à effet de serre (747g de CO2) que la combinaison électricité nucléaire et chauffage au fuel (772g de CO2), pour la production d’un KWh d’électricité et 2 KWh de chaleur. Le meilleur bilan pour le climat revient de loin à la cogénération à partir de biomasse (228g de CO2). Le ministre concluait ainsi « Si l’on veut vraiment enrayer les changements climatiques, on n’a pas besoin d’électricité nucléaire supplémentaire mais de davantage de cogénération ».

L’étude montre aussi que si on compare les coûts de production de l’énergie, le nucléaire est plus couteux que l’ensemble des énergies fossiles. Les coûts des énergies renouvelables se situent pour l’énergie éolienne juste au-dessus, bien que ne soient pas intégrés les « coûts externes » qui, dans le cas d’un accident atomique, pourraient prendre des proportions absolument incalculables.

« Lorsqu’on étudie, sans a priori idéologique, l’énergie atomique, il est clair que celle-ci n’est pas le moyen le moins coûteux de produire de l’électricité. Il est temps de tordre le cou au mythe de l’atome bon marché et ne produisant pas de CO2 » concluait le ministre de l’Environnement. « Même en ne tenant pas compte des risques potentiels énormes du nucléaire, l’énergie atomique ne se classe que moyennement sur le plan des émissions de CO2 et des coûts de production. L’énergie nucléaire n’est pas et ne sera pas une option pour pallier aux changements climatiques. Nous avons de bien meilleures possibilités à notre disposition pour produire de l’énergie : les énergies renouvelables et la cogénération ».

Source : ici et Réseau Sortir du nucléaire

"Un accident comparable à Tchernobyl est possible"

Bordeaux7 - vendredi 27 avril 2007
Il y a 21 ans avait lieu la catastrophe de Tchernobyl. Rencontre avec le Bordelais Stéphane Lhomme porte-parole de l’association TchernoBlaye et du réseau «Sortir du Nucléaire»

Le 26 avril 1986, le réacteur numéro 4 de la centrale nucléaire de Tchernobyl entrait en fusion, entraînant la catastrophe que l’on connaît. 21 ans plus tard, des associatifs mais aussi des politiques militent toujours pour la fin du nucléaire. Le Bordelais Stéphane Lhomme, qui tentait hier encore avec ses amis de convaincre les passants de la nécessité de sortir du nucléaire, est de ceux-là. Il explique pourquoi selon lui, un accident nucléaire est toujours possible. Même à la centrale du Blayais.

Est-ce qu’un accident similaire à celui survenu à Tchernobyl le 26 avril 1986 est vraiment possible en France et en particulier à la centrale du Blayais ?
Un accident identique non. Mais comparable oui. On l’a frôlé en décembre 1999 lors de la tempête avec une inondation de la centrale. Nous sommes passés tout près du désastre et cela a été reconnu officiellement par l’autorité de sureté. Le 25 juillet dernier en Suède on est passé à 7 minutes de la fusion du coeur d’un réacteur nucléaire. Le risque d’incendie est aussi très important dans les centrales et, au Blayais, il y en a d’ailleurs eu un important fin 2005. Ce type d’accidents a lieu en permanence dans les centrales nucléaires françaises...
Vous avez déposé une plainte contre la centrale du Blayais. Où en est-on aujourd’hui ?
La plainte a été instruite par la gendarmerie de Blaye. Tout le monde a été entendu. Le dossier a été transmis au parquet début 2004 mais depuis on attend.
Vous prônez la fin du nucléaire. Est-ce que cela ne constitue pas un danger pour l’emploi, mais aussi pour ce que l’on a coutume d’appeler «l’indépendance énergétique» de la France ?
Le nucléaire, c’est le contraire d’une politique de l’emploi. Le nouveau réacteur EPR c’est 300 emploi pour 3 milliards d’euros d’investissements. Qui plus est, regardez le Blayais. Les zones nucléarisées sont sinistrées en terme d’emploi puisque le nucléaire a fait fuir tout le reste. Quant à l’indépendance énergétique, c’est un faux argument. Contrairement à ce que l’on nous dit, sa place est marginale en France. Le nucléaire ne représente que 16% de notre consommation énergétique.

Bélarus : manifestation antinucléaire violemment dispersée à Minsk

MINSK - 27/04/2007 - (BELGA) - La police a violemment dispersé jeudi soir à Minsk un rassemblement d'opposants au président bélarusse Alexandre Loukachenko qui manifestaient contre la construction d'une centrale nucléaire au Bélarus, procédant à une dizaine d'interpellations.

Plusieurs milliers de personnes, des jeunes pour la plupart, s'étaient rassemblées pour commémorer le 21e anniversaire de la catastrophe nucléaire de Tchernobyl et pour exprimer leur opposition au projet de construction d'une première centrale nucléaire au Bélarus proposé récemment par le président Loukachenko.

Des banderoles et des pancartes étaient déployées sur lesquelles on pouvait lire "Nous sommes contre le réacteur nucléaire", "Non à un deuxième Tchernobyl", ainsi que des slogans anti-Loukachenko.

Alors que le gros des manifestants étaient rentrés chez eux, la police a commencé à repousser un petit groupe d'une centaine de personnes restées en arrière, après qu'un jeune homme eût brandi un drapeau aux couleurs rouge et blanche de l'éphémère république du Bélarus en 1918 et symbole de l'opposition.
Source Réseau Sortir du nucléaire

Belgique : trop peu d'argent pour démanteler les centrales nucléaires

L'investigateur - 26 avril 2007 - L'Organisme national des déchets radioactifs et des matières fissiles enrichies (ONDRAF) a d'importants doutes sur la manière dont Electrabel prépare la fermeture des centrales nucléaires et compte se débarrasser des déchets nucléaires.

Dans un rapport secret, l'ONDRAF écrit que Synatom, la filiale d'Electrabel chargée de gérer les fonds économisés pour la sortie du nucléaire, n'a aucune idée du coût final de l'opération. Dans ses prévisions, Synatom sous-estime une série de coûts pour le démantèlement des réacteurs et prévoit des marges de sécurité trop faibles, selon le rapport de l'ONDRAF.

Il n'y a, en outre, toujours aucune certitude sur la manière dont les déchets nucléaires pourront être stockés en toute sécurité. Synatom a pour l'instant constitué une provision de 4,6 milliards d'euros, argent qui n'est pas géré par le gouvernement mais est placé.
Source : Réseau Sortir du nucléaire

EPR - Le nucléaire tue l’avenir !
Action Stop-Epr à Rennes ce samedi 21 avril, veille d'élection

Rennes - Le 21 avril 2007, à 11h, des militants du Collectif Stop-EPR organisateur de la manifestation du 17 mars à Rennes, qui avait rassemblé 40 000 personnes, ont déployé en centre ville une banderole géante de 10 m x 15 m « EPR - Le nucléaire tue l’avenir ».

A la veille du premier tour des élections présidentielles, ils entendent dénoncer le déni de démocratie que représente la construction du nouveau réacteur nucléaire EPR à Flamanville et la nouvelle ligne à Très Haute Tension censée traverser les départements de la Manche, de la Mayenne et de l’Ille-et-Vilaine.

Tous les gouvernements depuis 2002 ont véritablement miné le débat public sur la politique énergétique et l’EPR, démontrant ainsi le peu de cas qu’ils accordaient à l’expression des citoyens et à la « transparence » sur le nucléaire :

- Le 3 juillet 2002, Jean-Pierre RAFFARIN, Premier Ministre, déclarait : Dans le domaine de l'énergie, un grand débat public sera ouvert et suivi d'un projet de loi d'orientation qui consacrera une place reconnue pour l'énergie nucléaire.

- Après 5 débats de « spécialistes », et 3 rapporteurs divisés sur l’opportunité de l’EPR, Nicole Fontaine concluait en 2005 à la nécessité de construire un démonstrateur.

- Le 13 juillet 2005, la loi présentée par Nicolas Sarkozy, ministre d’État, ministre de l’Économie, des finances et de l’industrie, ira beaucoup plus loin en décidant non seulement d’un nouveau réacteur EPR, mais aussi de la relance d’un nouveau programme nucléaire !!!

- Le 11 avril 2007, alors que la question de la construction du réacteur EPR est fortement débattue par les candidats à la présidence de la république, c'est un gouvernement en fin de règne et décrédibilisé qui tente de court-circuiter le débat en publiant à la sauvette le décret de création de l'EPR.
L’EPR, un projet inutile, coûteux et dangereux :

- Inutile : la France est excédentaire en production d’électricité en base (9 réacteurs sur 58 pour l’exportation),

- Inutile : la construction d’un EPR à Flamanville ne résout en rien les problèmes de consommation et de réseau de transport électrique en Bretagne et Pays de la Loire. Elle impose de plus la réalisation d’une nouvelle ligne THT d’au moins 150 km (400 à 600 pylônes) avec tous les problèmes environnementaux et sanitaires qui en découlent !

- Coûteux : 3,3 milliards d’euros prévus au détriment du développement des énergies renouvelables et des économies d’énergie (*).

- Dangereux : Les risques sont les mêmes que les réacteurs actuels : déchets nucléaires, risque d'accident, risque terroriste, prolifération... (**)
(*) Etude du Réseau sortir du nucléaire Un courant alternatif pour le Grand Ouest (**) Le dossier noir de l'EPR Ces documents sont disponibles sur le site du Réseau Sortir du nucléaire

Collectif Stop-EPR Rennes

Voici quelques liens :
La video de l'action :
http://www.dailymotion.com/video/x1s322_action-stopepr-a-rennes-21-avril-20

Video du 19-20 Bretagne du samedi 21 sur France 3 : http://bzh.ekoloji.free.fr/banderole_Rennes/19-20_France3-Bretagne_210407.wmv
ou http://www.sortirdunucleaire56.info/videos/070421-FR3-Bretagne-1920.wmv

Les photos : http://bzh.ekoloji.free.fr/galerie.php?rep=banderole_Rennes

Le nucléaire ne maîtrise pas ses coûts

Le Temps - Vendredi 20 avril 2007 - Pierre Veya
C'est une querelle sans fin: impossible de mettre les experts d'accord sur le prix de revient de l'énergie nucléaire. Les coûts varient d'un Etat à l'autre et personne ne sait vraiment comment sont intégrés les investissements liés à la recherche, au stockage et retraitement des déchets, sans parler des frais liés au démantèlement des installations.

Cette incertitude explique largement pourquoi l'économie privée s'engage peu ou plus du tout dans l'industrie nucléaire et ne le fera que si elle obtient de sérieuses garanties étatiques. C'est précisément ce raisonnement qui a amené le gouvernement américain de George W. Bush a lancer en 2005 et 2006 deux programmes qui ne sont rien d'autre qu'un subventionnement massif de l'industrie nucléaire.

Mais sera-ce suffisant? Et surtout, cet appui sera-t-il de nature à lever les incertitudes sur la compétitivité économique de l'atome? Interrogations d'autant plus stratégiques que les centrales nucléaires classiques des deuxième et troisième générations seront remplacées, dès 2030-2040, par les réacteurs de la génération IV, censés être moins chers à l'exploitation, produire moins de déchets et capables de transmuter les éléments les plus toxiques pour les brûler dans des surgénérateurs.

Ces espoirs, qui n'ont rien de fantaisistes sur le plan scientifique, restent à valider par les calculs économiques. Dans la revue Environmental Science & Technology* de l'American Chemical Society, des chercheurs de trois universités ont passé au crible les données économiques du parc nucléaire américain, qui compte un peu plus de 100 réacteurs nucléaires (19,3% de la production d'électricité américaine). Premier enseignement: la maîtrise des coûts de l'industrie nucléaire n'a pas pu être respectée et les risques de surcoûts ont été sous-évalués.

Le coût de revient du prix du kilowatt par heure (kWh) nucléaire varie de 3 cents $ (4 centimes) pour les meilleurs à... 14 cents pour les moins bons. Si une grosse majorité des réacteurs se situe dans une tranche qui varie de 4 à 8 cents, les chercheurs montrent que la diversité des situations résulte d'une très grande difficulté à maîtriser les imprévus. Ceux-ci sont de plusieurs ordres: procédures, difficulté à standardiser de grosses installations, introduction de nouvelles normes de sécurité au lendemain de l'accident de Three Mile Island et Tchernobyl, etc. De plus, les propriétaires des centrales ont mis beaucoup plus de temps que prévu pour exploiter sans panne les réacteurs.

Conclusion majeure: l'industrie nucléaire est intrinsèquement exposée à de grosses surprises dans la maîtrise des coûts et les modèles financiers n'en tiennent pas suffisamment compte. Si les chercheurs supposent que la France - pays centraliste et as sans équivalent de la planification - maîtrise mieux les problèmes de standardisation que les Etats-Unis, ils doutent que les surprises puissent être correctement intégrées dans les budgets.

Daniel M. Kammen de l'Université de Californie (Berkeley, l'un des professeurs les plus réputés au monde dans le domaine de l'énergie, résume le constat principal de l'étude: "Pour les réacteurs qui se situent dans une fourchette de 4 à 8 cents par kWh, on peut considérer que c'est un bon investissement si vous tenez compte des faibles émissions de CO2 du nucléaire." Mais, ajoute-t-il, "si vous considérez que l'aspect économique est le plus important, alors je ne suis pas sûr que le nucléaire puisse être compétitif".

Cette étude confirme le fait que l'atome est une filière technologie chère et le restera. Car si la génération IV a de sérieux atouts, la standardisation n'a pas vraiment progressé: six types de réacteurs différents ont été retenus. Et comme si l'hirondelle annonçait un mauvais printemps, les surprises sont déjà au rendez-vous: la première centrale nucléaire européenne de 3e génération (EPR) en construction en Finlande, qui est du même type que celle que la France va construire à Flamanville (Basse-Normandie), a dix-huit mois de retard et les surcoûts sont proches du milliard d'euros sur un budget de... 3,5 milliards. Quant à penser que les réacteurs de génération IV parviendront à produire du courant électrique à moins de 3 cents par kWh, les chercheurs n'y croient pas.

La vraie chance économique du nucléaire est conditionnée à l'introduction d'une taxe CO2 élevée, taxe qui lui permettrait de distancer la concurrence exercée par le gaz et le charbon. Mais cette perspective est toute relative. Non seulement des taxes CO2 significatives se font attendre mais les autres énergies fossiles préparent également leur riposte pour s'affranchir du poids économique que représenteront à terme les émissions de gaz à effet de serre.

Enfin, dernière remarque, il serait intéressant de comparer les chiffres américains avec les données suisses. Celles-ci n'existent pas. Les électriciens suisses n'ont jamais détaillé leur prix de revient avec une grande clarté. Tout juste sait-on que le nucléaire n'était pas rentable lors de la première tentative d'ouverture du marché de l'électricité, du moins pas pour affronter la concurrence du gaz et du charbon. Depuis, les électriciens ont eu tout le temps d'amortir leurs installations en puisant largement dans la poche des consommateurs captifs et d'effacer la réalité comptable du nucléaire.

*Nathan E. Hultman, Georgetown University and University of Oxford (UK); Jonathan G. Koomey, Standford University and Lawrence Berkeley National Laboratory; Daniel M. Kammen, University of California, Berkeley.

Note du Réseau "Sortir du nucléaire" : à part la croyance irrationnelle dans l'avènement des réacteurs dits "de 4ème génération", qui restent très virtuels (cf http://reacteur.generation4.free.fr ), cet article met clairement en lumière la faillite économique de l'industrie atomique, et les puissantes aides financières dégagées par exemple par Bush pour tenter de relancer le nucléaire...

De l'électricité à prix zéro

INITIATIVE. -- Alain Leger est le premier Angoumoisin à avoir équipé sa maison d'une installation solaire photovoltaïque. Elle lui permet de maîtriser sa facture d'énergie

Sud-Ouest - 20 avril 2007 - Depuis juillet 2006, Alain Leger, un Angoumoisin qui vit dans la rue Jean-Marchais, produit de l'électricité. Et bien plus qu'il n'en consomme. EDF lui fera d'ailleurs un chèque à la fin de sa première année d'exploitation. Ce qui permettra à ce riverain de couvrir sa facture, et au passage de faire un bénéfice d'environ 300 euros. Non, il ne s'agit pas d'un poisson d'avril. Et oui, il est tout à fait possible aujourd'hui de « neutraliser » sa facture d'énergie.
Avec l'énergie solaire. Le système est le suivant. Il consiste à faire poser sur le toit de sa maison une installation photovoltaïque solaire. Ce sont des panneaux qui vont produire de l'électricité grâce à l'énergie solaire. Laquelle est réintroduite instantanément dans le réseau par le biais d'un onduleur.
L'ancien compteur, celui qui permet de vérifier la consommation de la maison, et le nouveau, celui qui permet de mesurer la production vendue au réseau, font ensuite le calcul. Et aujourd'hui, Alain Leger confirme que « la petite affaire » tourne à son avantage.
Celui qui est aussi historien explique le contexte : « La France s'est engagée dans le cadre d'accords internationaux à produire 20 % de sa consommation intérieure brute d'électricité à partir de sources renouvelables. Mais le pays affiche beaucoup de retard sur le programme. Ce qui a motivé l'État, afin d' éviter les sanctions de Bruxelles, à pratiquer une politique plus incitative ».
En clair, il a été imposé à EDF - qui à obligation de racheter cette production « privée » - de nouveaux tarifs. « Je leur vends le KWc (1) à 0,33 euro » précise Alain Leger. Sur une surface de 18 m², le riverain a donc fait poser sur son toit exposé plein sud, les fameux panneaux avec l'onduleur. Une mise en place qui lui a coûté 13 300 euros (la main-d'oeuvre et le kit compris).
Crédit à l'impôt. Mais une somme à laquelle il convient de déduire la subvention qui lui a été octroyée par le Fonds régional pour l'excellence environnementale (Ademe-Région). Elle est d'un montant total de 7 100 euros. Il s'agit de ne pas oublier non plus le crédit d'impôt de 50 % de l'investissement du matériel (TTC). Puis de signaler que les services fiscaux accordent un abattement de 66 % sur la recette réalisée par l'installation?
Des démarches compliquées. Dans ce dossier, on notera tout de même que pour pouvoir se munir d'un tel équipement, et au final participer à un effort citoyen, il faut avoir le courage de franchir des démarches administratives assez compliquées. Alain Leger évoque l'autorisation qu'il faut obtenir du ministère de l'Industrie, de la Région, et celle du préfet pour poser les panneaux sur le toit de sa maison. « Pourquoi faire compliqué, quand on peut faire simple », fait remarquer l'historien. Un obstacle qui ne l'a toutefois pas empêché d'aller au bout de son idée. « Je ne suis pas un fana du nucléaire. La production d'énergie solaire me permet de marquer le coup », conclut-il avec une pointe de satisfaction.
(1) Unité de mesure pour l'électricité photovoltaïque.

FRANCE : Les armes nucléaires dans la campagne présidentielle

SCOOP : A la veille du 1er tour, Nicolas Sarkozy écrit au président d’ACDN pour préciser son programme de défense

Dans cette lettre de trois pages, Nicolas Sarkozy fait un tour d’horizon digne d’un discours devant les auditeurs de l’IHEDN. Il ne change pas fondamentalement les conclusions que nous avions tirées des deux lettres que le candidat avait adressées auparavant à ACDN, conclusions que nous lui avons fait parvenir dans une lettre datée du 18 avril (voir ici) qui s’est croisée avec la sienne. D’où notre communiqué en date du 19 avril, qu’on trouvera ci-après. Néanmoins, cette dernière lettre de Nicolas Sarkozy apporte des précisions et des éclaircissements qui retiennent l’attention. ACDN lui répondra ultérieurement de façon détaillée. ACDN fera par ailleurs connaître entre les deux tours de l’élection les conclusions objectives et sans concession qu’appelleront les positionnements respectifs de chacun des deux candidats encore en lice, en matière de défense, de dissuasion, d’armements, et de débat démocratique. Pour le moment, reconnaissons que si nous ne partageons pas les postulats stratégiques de Nicolas Sarkozy ("la dissuasion [nucléaire] reste un impératif absolu. C’est une garantie pour notre Nation comme pour nos voisins européens"), dont nous contestons et la sagesse et la cohérence, ils ont du moins le mérite d’être clairs et explicites. En outre, malgré ces divergences de fond, nous sommes d’accord avec Nicolas Sarkozy sur plusieurs points, en particulier celui-ci : "un débat sur la Défense peut et doit avoir lieu. C’est la marque d’une démocratie moderne". Mais le limiter à l’enceinte du Parlement ne suffit pas. Sur un sujet dont dépend la survie collective (celle des Français et du reste des humains), il nous paraît essentiel que le peuple français puisse s’informer, réfléchir, s’exprimer ET DECIDER. Nous pensons que le référendum sur le désarmement nucléaire que nous avons réclamé à tous les candidats en serait la meilleure occasion. A condition, bien sûr, que l’information et le débat soient authentiques et non manipulés. Nous regrettons que deux candidats seulement (José Bové et Marie-George Buffet) aient pris à ce jour l’engagement de l’organiser s’ils étaient élus. Et chacun comprendra qu’appeler à ne pas voter pour un candidat dont on réprouve les positions, ce n’est pas appeler à voter pour d’autres candidats qui partageraient les mêmes positions.

Nicolas Sarkozy ne doit pas accéder à l’arme nucléaire

COMMUNIQUE D’ACDN, 19 AVRIL 2007 - La lettre de trois pages (consultable sur le site d’ACDN : http://acdn.france.free.fr/spip/article.php3?id_article=291&lang=fr ) que Nicolas Sarkozy a fait parvenir ce jeudi matin 18 avril au président d’ACDN mérite la plus grande attention. Elle ne change malheureusement rien aux conclusions tirées hier par ACDN des deux précédents courriers reçus de Nicolas Sarkozy, en réponse à notre interpellation citoyenne.

Tout en rendant hommage à la volonté de débat et à la franchise de M. Sarkozy en la matière, dont certain(e)s autres candidat(e)s feraient bien de s’inspirer, nos conclusions sont les suivantes :

1° Contrairement à nos vœux (et contrairement aux engagements pris par deux autres candidats), le candidat de l’UMP n’entend pas appliquer l’article VI du TNP, qui impose aux Etats nucléaires de négocier l’abolition de leurs arsenaux nucléaires, ni demander par référendum au peuple français son avis sur cette politique de désarmement intégral, universel, et strictement contrôlé à tout moment.

2° Il continuera à développer de nouvelles armes nucléaires et se rallie en outre à la doctrine formulée par Jacques Chirac le 19 janvier 2006, qui étend quasi ad libitum l’emploi de nos armes nucléaires.

3° S’il est élu président de la République, Nicolas Sarkozy prend « l’engagement de garantir la crédibilité politique et technique de nos systèmes d’armes », ce qui signifie :

a) « Crédibilité technique » : que nos bombes atteindront bien leurs cibles et feront les dégâts prévus (7 fois Hiroshima pour chaque tête nucléaire TN75 ; 22 fois Hiroshima pour chaque missile ASMP lancé par avion).

b) « Crédibilité politique » : qu’on peut compter sur Nicolas Sarkozy pour se faire prendre au sérieux. S’il faut employer la bombe, il ne faillira pas : tout Etat qui voudrait « s’en prendre à la France » s’exposerait à « une sanction immédiate ». M. Sarkozy prend donc le contre-pied de M. Giscard d’Estaing qui s’était, en pleine guerre froide, secrètement résolu à ne jamais employer l’arme nucléaire en premier, préférant l’occupation de la France, dont elle s’est remise plusieurs fois, à son anéantissement, même partagé avec celui de la population dite ennemie, dont elle ne se remettrait pas.

4° Malgré l’avis de M. Sarkozy, menacer de massacrer des millions d’individus d’un seul coup, et s’il le faut, le faire pour de bon, ne nous paraît pas le meilleur moyen de « promouvoir nos valeurs humanistes sur la scène internationale », ni de « promouvoir la liberté et le respect de l’individu dans le monde ».

Trop d’humains en mourraient. Trop en meurent déjà, dans ce monde de violence dont l’arme nucléaire est la sinistre clef de voûte. La mort tragique d’Iccho Ito, maire de Nagasaki, vient de l’illustrer : le crime organisé n’est pas seulement dans la rue, c’est aussi celui des Etats qui se disent prêts à l’exercer à l’échelle de masse. Disons-lui STOP. Halte au crime organisé contre l’humanité.

Pour cette raison, indépendamment même de tout autre motif, nous avons le regret d’appeler nos concitoyens à ne voter en aucun cas pour M. Nicolas Sarkozy.

FINANCE : La crainte de pénurie enflamme l'uranium

METAUX. A partir du mois prochain, les investisseurs auront accès à des futures sur le combustible nucléaire.

Le Temps - Vendredi 20 avril 2007 - Le groupe de pression de l'industrie nucléaire, le Nuclear Energy Institute (NEI), s'est fendu d'une déclaration pour refroidir les têtes après la flambée de l'uranium. Le combustible a gagné 19% en une semaine et 74% depuis le début de l'année. A 113 dollars la livre (453 grammes), il vaut désormais 11 fois plus qu'il y a cinq ans.
«L'approvisionnement mondial en uranium des centrales nucléaires est adéquat et ne conduira pas à une réduction de la production d'électricité», a indiqué jeudi le NEI.
250 nouvelles centrales en construction ou en projet
L'uranium s'est apprécié plus vite que tous les autres métaux traités sur le London Metal Exchange (LME), y compris le cuivre ou l'or. Les efforts pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, le renchérissement du gaz et du pétrole soutiennent la demande en combustible nucléaire. Une nouvelle centrale est en construction en Finlande, la première depuis l'accident de Tchernobyl en 1986. 27 autres installations sont en construction, 64 en sont à la phase de planification et 158 supplémentaires sont en projet, principalement en Asie, d'après l'Association nucléaire mondiale (WNA).
La consommation d'uranium, 68 000 tonnes en 2005, a été assurée à hauteur de 41 595 tonnes par l'extraction minière. Le reste est venu de la vente de stocks militaires, en particulier russes. Mais Moscou entend cesser ses exportations à partir de 2013 afin d'assurer l'approvisionnement de ses propres centrales. Les mines du combustible devront d'autant monter en puissance qu'une forte hausse de la demande est attendue. Elle devrait progresser de 2,18% par an pour dépasser les 110 000 tonnes en 2030, estime la WNA. Les entreprises minières, dont le canadien Cameco, numéro un mondial, ont entrepris d'étendre leurs capacités. Toutefois, cette société vient d'annoncer que son projet de nouvelle mine à Cigar Lake prenait du retard en raison de l'inondation du site par une rivière souterraine.
Beaucoup de mines existantes ont du mal à maintenir leur production, note le gérant Middlefield Group à Toronto, qui vient de lancer un fonds de placement consacré à l'uranium. En outre, les nouvelles mines, dont aucune d'importance n'entrera en activité avant 2014, sont susceptibles de rencontrer des obstacles techniques ou politiques. La crainte d'une pénurie n'est pas près de se calmer.
L'intérêt grandissant des investisseurs pour l'uranium a conduit le New York Mercantile Exchange (Nymex) à lancer des contrats à terme sur l'uranium à partir du mois prochain.

Moscou lance son projet de centrale nucléaire flottante

MOSCOU (Reuters) - jeudi 19 avril 2007 Par Guy Falconbridge - La Russie a entamé cette semaine la construction de centrales nucléaires flottantes destinées notamment à l'exportation, projet sans précédent qui suscite l'inquiétude des détracteurs de l'énergie atomique.

L'achèvement de la première centrale est prévu en 2010 et six autres devraient suivre. Moscou affirme qu'il s'agit d'un moyen sûr et sans risque de prolifération de répondre aux besoins énergétiques des zones les plus défavorisées et à l'énorme appétit des économies en pleine croissance, que ce soit en Asie, en Amérique latine ou en Afrique.

Le coup d'envoi des travaux a été donné dans une usine souterraine secrète de la mer Blanche en présence de l'influent premier vice-Premier ministre, Sergueï Ivanov.

"De nombreux pays commencent à nous demander quand ils pourront acheter ces centrales", s'est félicité ce dernier, cité par l'agence Rosernergoatom, qui finance le programme.

Pour Ivan Blokov, directeur de campagne de Greenpeace Russie, "il s'agit du projet le plus dangereux de la dernière décennie dans le secteur nucléaire".

"C'est effrayant, parce ce sera, en gros, une bombe atomique flottante", affirme-il.

Vingt ans après l'accident de Tchernobyl, le président Vladimir Poutine a donné l'an dernier le coup d'envoi de la plus importante remise à niveau du secteur nucléaire. L'explosion du réacteur quatre de la centrale ukrainienne, le 26 avril 1986, a considérablement entamé les ambitions russes en la matière.

Le nuage radioactif qui survolé une bonne partie de l'Europe s'est dissipé depuis longtemps et le Kremlin voit aujourd'hui l'industrie nucléaire comme un moyen de conserver son rang sur la scène internationale.

"VOUS VOULEZ UNE CENTRALE? COMMANDEZ-LA!"

Ivanov a ainsi inauguré dimanche le premier sous-marin nucléaire de l'ère post-soviétique.

Les centrales flottantes, d'une valeur de neuf milliards de roubles (257 millions d'euros), seront équipées de deux réacteurs d'une capacité totale de 70 mégawatts, consommant un uranium enrichi au maximum à 20%. Outre la production d'électricité, elles permettront de déssaler l'eau de mer.

Les réacteurs, qui sont les mêmes que ceux des brise-glace, sont suffisamment robustes pour résister à des séismes, assurent les responsables du projet.

Du même type, celui du sous-marin "Koursk", qu'une explosion a envoyé par le fond en août 2000 est selon eux sorti intact de la catastrophe qui a coûté la vie à 118 marins.

"Un incroyable procès a été intenté au réacteur (du Koursk), mais, après coup, les experts ont fait savoir qu'il aurait pu redémarrer immédiatement", souligne Sergueï Kirienko, chef du programme nucléaire russe, dans une dépêche de l'agence Itar-Tass.

Parmi les premiers acheteurs de cette centrale flottante, pourraient figurer le monopole d'Etat Gazprom, la région de Tchoukotka, situé à la pointe nord-est de la Fédération de Russie, sur la mer de Bering, ou des pays tels que la Namibie et l'Indonésie, dit-on de sources industrielles.

"Ce sera comme pour les avions. Vous voulez une centrale nucléaire? Commandez-la!", ironise le physicien Evgueni Velikhov, qui prédit un grand succès.

Selon un rapport US : le nucléaire est impuissant contre le changement climatique

Washington (Platts) -- 18 Avr 2007

L'énergie nucléaire n'est pas susceptible de jouer un rôle important à court terme contre le changement climatique ou pour renforcer la sécurité énergétique des USA, selon un rapport spécifique du Conseil des relations extérieures (*) publié le 18 avril 2007. Le rapport, dirigé par Charles Ferguson, conseiller pour la science et la technologie, indique qu'il est impossible de réunir les conditions nécessaires à une expansion rapide du nucléaire de façon à influer sur le changement climatique. Les USA comptent actuellement 103 réacteurs nucléaires. "Même en augmentant de 20 ans leur durée de vie, tous les réacteurs actuels seront fermés vers le milieu du siècle" précise le Conseil dans un dossier de presse. Selon le rapport, pour simplement remplacer le parc actuel, les USA devraient construire un réacteur tous les 4 ou 5 mois pendant les 40 prochaines années. Pour cette simple raison, l'énergie nucléaire restera une option marginale au moins pour les 50 prochaines années.

(*) Le conseil des relations extérieures (ou CFR, «Council on Foreign Relations») est un "think tank" américain, ayant pour but d'analyser la situation politique mondiale et de conseiller le gouvernement des États-Unis en matière de politique étrangère. Fondé en 1921, il est composé d'environ 4000 membres (4257 en 2004) issus du milieu des affaires, de l'économie et de la politique.

Nucléaire : que s'est-il réellement passé cette nuit à la centrale de Dampierre?

10/04/2007 - Le Réseau "Sortir du nucléaire" attire l'attention sur l'évènement qui s'est produit dans la nuit du 9 au 10 avril à la centrale nucléaire de Dampierre (Loiret). Le réacteur n°3 de la centrale de Dampierre a été arrêté en urgence et est resté toute la nuit alimenté par un générateur de secours.

Présenté par EDF comme un simple incident, largement minimisé par l'ASN (Autorité de sûreté nucléaire) qui délivre le message habituel de langue de bois ("Cet incident n'a pas eu de conséquence sur la sûreté nucléaire et la radioprotection"), cet évènement pose au contraire de sérieuses questions.

En effet :

- EDF a déclenché le "plan d’urgence interne" (PUI) hier soir à 22h10.

- L’ASN a mis en place une organisation nationale de crise avec l'appui technique de l’IRSN

- EDF et l'ASN n'ont levé qu'à 8h15 ce matin l'organisation de crise

Pendant toute la nuit, les équipes de la centrale nucléaire ont agi en urgence, le réacteur n°3 ayant été privé de son alimentation extérieure. Heureusement, le générateur de secours a bien fonctionné, mais il arrive parfois, lors d'essais, que ce genre de générateur ne démarre pas.

On notera une certaine similitude avec le grave évènement survenu en juillet dernier à la centrale nucléaire de Forsmark (Suède) où la catastrophe n'a été évitée qu'à quelques minutes près. Il y a fort à craindre que le pire ne se produise tôt ou tard en France ou &agra