LES ECHOS ET LES ARTICLES - Juin à Octobre 2006


Tchernoblaye déplore les méthodes du Parquet

Tchernoblaye – association membre du Réseau "Sortir du nucléaire"
Communiqué du samedi 28 octobre 2006


- Le Parquet de Bordeaux couvre le délit de la centrale nucléaire du Blayais
- La psychiatrisation des opposants n'est plus l'apanage des seules dictatures
- Deux militants de Tchernoblaye convoqués au Tribunal les 6 et 13 décembre


L'association Tchernoblaye a déposé le 27 octobre 2003 une plainte contre la centrale nucléaire du Blayais qui, du 31 mars au 26 septembre 2003, a fonctionné illégalement sans ses autorisations de rejets dans la Gironde. (Il s'agit d'un délit puni de deux ans de prison)

Une enquête préliminaire a été soigneusement réalisée par la gendarmerie de Blaye qui a entendu les protagonistes (Centrale nucléaire, Autorité de sûreté, Tchernoblaye) et transmis le dossier au Parquet de Bordeaux.

Les 27 octobre 2004 et 2005, Tchernoblaye a paisiblement manifesté devant le Tribunal de Bordeaux pour demander à ce qu'une date de procès soit fixée. Tchernoblaye a aussi envoyé au Parquet plusieurs courriers, récemment encore 1er septembre 2006, mais aucune réponse n'a jamais été faite par le Parquet qui semble faire preuve du plus grand mépris pour l'association et de la plus grande bienveillance pour la centrale nucléaire.

Aussi, à l'occasion du 3ème anniversaire du dépôt de la plainte, ce vendredi 27 octobre 2006, l'association Tchernoblaye a décidé, en plus du traditionnel pique-nique, de faire une opération plus spectaculaire pour tenter d'obtenir enfin des explications.

Vers 11h30, deux militants de Tchernoblaye ont pénétré dans la cour intérieure du Palais de Justice et ont commencé à monter sur un échafaudage. Un des deux militants a été appréhendé par les forces de l'ordre mais le second a pu monter à environ 20 mètres de hauteur : Stéphane Lhomme est ainsi resté sur cet échafaudage de 11h30 à 15h40, heure à laquelle il a volontairement décidé de redescendre.

Entre temps, les responsables du parquet de Bordeaux, ayant enfin accepté de donner signe de vie, ont déclaré… qu'ils ne donneraient aucune explication sur l'avancement de la plainte contre la centrale nucléaire.

Dès son retour au sol, Stéphane Lhomme a été placé en garde à vue. De même que, le 16 mai dernier (lors de sa garde à vue dans l'affaire des documents "secret défense") il avait refusé le prélèvement ADN, il a cette fois refusé l'expertise psychiatrique que le Parquet de Bordeaux a tenté de lui imposer : s'agit-il des nouvelles méthodes mises en œuvre en France ? La psychiatrisation des opposants ne serait donc plus réservée aux dictatures ?

Stéphane Lhomme et Jean-Michel Tastet, un autre adhérent de Tchernoblaye interpellé dans l'enceinte du palais de Justice, sont respectivement convoqués au Tribunal les 6 et 13 décembre. De toute évidence, le Parquet de Bordeaux est bien plus rapide pour juger les militants associatifs que pour condamner la centrale nucléaire, pourtant prise en flagrant délit de fonctionnement illégal.

Tchernoblaye - http://tchernoblaye.free.fr




Un antinucléaire sur un échafaudage dans la cour du palais de justice de Bordeaux

Vendredi 27 octobre 2006 - BORDEAUX (AP) - Le militant antinucléaire Stéphane Lhomme a pris place vendredi sur un échafaudage dans la cour du palais de justice de Bordeaux pour exiger, à trente mètres de hauteur, que soit enfin instruite une plainte déposée il y a trois ans contre EDF pour une pollution radioactive présumée.
"Je suis depuis ce matin sur un échafaudage à 30m de haut dans la cour intérieure du palais de justice de Bordeaux pour demander qu'enfin la plainte que nous avons déposée il y a trois ans contre le directeur de la centrale de Braud-et-Saint-Louis et contre EDF soit enfin instruite", a déclaré par téléphone Stéphane Lhomme, président de l'association TchernoBlaye.
Le 27 octobre 2003, TchernoBlaye a déposé une plainte qui n'a été à ce jour ni instruite, ni classée. L'association dénonce le rejet par la centrale du Blayais d'eau "chaude radioactive et contenant des produits chimiques" dans les eaux de la Garonne.
"Tous les ans, à pareille époque, nous avons l'habitude d'organiser un pique-nique sur le parvis du tribunal de Bordeaux. On passe pour des rigolos. Cette fois-ci, nous avons décidé de marquer le coup", a expliqué Stéphane Lhomme.
A la mi-journée, les forces de police ont verrouillé l'ensemble des accès au tribunal de Bordeaux, empêchant la presse de pénétrer dans son enceinte. Stéphane Lhomme, installé sur son échafaudage, demande à pouvoir témoigner devant l'ensemble des journalistes avant de redescendre.

Sortir de la course aux armes nucléaires

Après l'accession de l'Inde et de du Pakistan à l'arme nucléaire, c'est au tour de la Corée du Nord à faire son entrée dans le club des détenteurs d' armes de destruction massive en attendant prochainement l'Iran. Est-il encore imaginable pour l'humanité de sortir de cette course suicidaire ?
En France un véritable débat contradictoire semble impossible sur un sujet toujours considéré comme tabou qu'est celui de notre force de frappe. Depuis les années 60, la politique de perfectionnement de la force de frappe est constante, puisqu'en 1995, le Président de la République a autorisé la reprise des essais nucléaires et qu'est en train d'être construit au Barp le laser Mégajoule destiné à simuler des expériences nucléaires. Ce projet approuvé par l'ensemble de la classe politique, est aujourd'hui en voie d' achèvement alors qu'il n'a jamais été soumis, ni a un débat public, ni même à une simple enquête publique car son régime juridique relève de la défense nationale et est donc classé « installation nucléaire secrète ». Ce projet qui expose directement l'agglomération bordelaise à une attaque nucléaire en cas de conflit international, ne peut pourtant que contribuer à la course aux armements nucléaires.
Selon la doctrine gaulliste, notre force de frappe serait, parait-il, fondée sur la dissuasion du faible au fort et aurait ainsi contribué à la paix par l'équilibre de la terreur durant les années de guerre froide . Il s'agit là d'une amalgame inadmissible car l'équilibre ne concernait que les supergrands. Car qui donc nous a protégé contre la menace soviétique ? Notre force de frappe nucléaire ou celle des américains ? Le ridicule ne tuera donc jamais le coq gaulois ! Si dissuasion il y a, c'est plutôt , comme l'histoire de l'humanité nous l'a montré depuis ses origines , celle du fort au faible, dans la mesure où les deux adversaires sont encore accessibles à la rationalité ! Par contre, la dissuasion du fort au fou semble, avec l' exemple de la Corée du Nord, visiblement poser quelques problèmes. Surtout si l'on pense à la nouvelle pratique politique des terroristes suicidaires qui ne demandent qu'à détenir ce type d'arme. Autre argument, notre armement nucléaire ne servirait qu'à dissuader l'ennemi et n'aurait jamais à être utilisé. Il s'agit là d'un argument totalement paradoxal puisque la dissuasion nucléaire repose justement sur notre détermination à utiliser l' arme en question en cas de menace imminente, quelles qu'en soient les conséquences pour la population civile et l'environnement. Non seulement notre joujou nucléaire est inutile mais il peut être considéré surtout comme dangereux dans la mesure où il donne le mauvais exemple. Le nationalisme qui le sous-tend ne peut qu'alimenter, de part le monde, la dissémination de l'innommable : car au nom de quel principe pourrions-nous refuser l'arme nucléaire à tout les Etats du monde ? L'invocation de la sacro-sainte souveraineté nationale justifie la course actuelle à l'arme atomique quelle que soit la nature du régime en cause. A ce titre elle pourra servir d'instrument de menace entre les mains de dictatures délirantes du type de celle oppressant la Corée du Nord depuis plus de cinquante ans, mais également entre mains de pays démocratiques comme Israël défendant sa survie vis à vis de ses voisins arabes. En vérité, ce n'est pas la nature du régime politique qui ici est en cause, c'est la nature même de l'arme qui est suicidaire pour ceux qui la possèdent comme pour ceux qu'elle menace. Déjà se pressent aux portes du club nucléaire de nouveaux candidats dans les pays arabes en particulier tous persuadés que l' arme nucléaire va davantage les protéger contre les menaces extérieures. Et plus se dégrade le contexte géopolitique internationale, plus ces menaces incitent de nouveaux pays à se doter de l'arme nucléaire pour des motifs illusoires de sécurité nationale, vidant ainsi progressivement de son contenu le Traité de Non Prolifération. La dissémination, c'est le chaos nucléaire mondial assuré ! Le tribalisme nucléaire ne peut aboutir qu'à une catastrophe majeure pour l'humanité, anticipant celle provoquée par la crise écologique.
Par fidélité à sa belle devise républicaine, la France s'honorerait au contraire de renoncer à l'illusion de sa puissance nucléaire internationale. Par l'exemplarité de son attitude, une telle décision aurait un énorme retentissement de par le monde et son prestige international en sortirait grandi. L'humanité toute entière serait ainsi reconnaissante au pays des droits de l'homme.
Simon CHARBONNEAU écologiste et universitaire.
Source : Sortir du nucléaire, 27 Octobre 2006

Action de Greenpeace à la centrale nucléaire de Tihange

Belga - 25/10/2006 - Bruxelles - Une trentaine de militants de Greenpeance ont investi mercredi matin le site de la centrale nucléraire de Tihange, en province de Liège, pour dénoncer le vieillissement des réacteurs nucléaires belges et les problèmes de sécurité consécutifs. Le réacteur de Tihange 1 a passé l'an dernier le cap des 30 ans, délai innitialement prévu pour sa fermeture, a rappelé Greenpeace. "Or, au-delà d'une vingtaine d'années de fonctionnement, le risque d'accidents augmente chaque année de manière significative", a souligné l'association.

Deux personnes arrêtées en Chine pour trafic d'uranium

24/10/2006 - Deux personnes d'origine coréenne ont été interpellées en Chine pour avoir tenté de vendre de l'uranium enrichi susceptible de servir à la mise au point d'une bombe atomique, a indiqué mardi un journal sud-coréen.
Les interpellations ont été effectuées le 11 septembre, soit avant l'explosion de la première bombe atomique nord-coréenne, le 9 octobre, précise le Chosun Ilbo, quotidien à plus grand tirage de Corée du Sud, citant une source policière non identifiée à Pékin.
Les deux personnes ont été interpellées dans un hôtel de Pékin tandis qu'elles tentaient de vendre 970 grammes environ d'uranium enrichi qu'elles ont dit s'être procurées "auprès d'une homme non identifié d'une région lointaine" en novembre 2004, selon le quotidien.
"Les deux personnes sont d'origine coréenne et les premiers éléments de l'enquête ont montré que l'uranium enrichi serait russe", a précisé la source policière.
D'autres sources ont indiqué au journal qu'il pourrait s'agir en fait d'uranium provenant de Corée du Nord, pays qui a revendiqué dès février 2005 être en possession de la bombe atomique.
"J'ai personnellement rencontré quelqu'un dans une ville de la frontière chinoise qui m'a demandé de lui trouver un acheteur, me disant : +J'ai de l'uranium enrichi passé en contrebande de Corée du Nord+", a déclaré une de ses sources.
La qualité de l'uranium enrichi n'a pas été précisée. De 15 à 17 kilos d'uranium enrichi sont nécesssaires afin de fabriquer une bombe, selon le Chosun.
La Corée du Nord est sous le coup d'un embargo sur les matériels reliés aux armes de destruction massive, décrété dans le cadre d'une résolution adoptée par l'ONU le 14 octobre sanctionnant l'explosion de la première bombe atomique par le régime stalinien, le 9 octobre.
Pyongyang est accusé depuis 2002 d'avoir développé un programme nucléaire clandestin à base d'uranium enrichi, en plus d'un programme déjà connu basé sur du plutonium.
Source : Yahoo infos / Sortir du nucléaire

L'AIEA cherche de nouveaux outils contre la prolifération nucléaire

LE MONDE 11.10.06 - KARLSRUHE (ALLEMAGNE) ENVOYÉ SPÉCIAL

Le récent essai souterrain d'une bombe atomique en Corée du Nord et le refus de l'Iran d'interrompre sa production d'uranium enrichi mettent à mal le traité de non-prolifération nucléaire (TNP, 1968) visant à limiter le développement de l'arme nucléaire. L'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), chargée du respect du traité, est impuissante sur ces deux terrains, dont ses inspecteurs ont été bannis. Si la Corée du Nord et l'Iran font des émules, sa mission pourrait encore se compliquer.
"Notre système de vérification est mis sous pression en permanence", constate Olli Heinonen, chef du département chargé de l'application du TNP. Les 250 inspecteurs de l'AIEA, qui effectuent quelque 10 000 visites par an dans 900 installations de 71 pays, doivent constamment renouveler leur expertise, par des formations proposées par les Etats nucléaires.
M. Heinonen ne cache pas qu'il verrait d'un bon oeil une hausse du budget de l'Agence. "Nous devons rénover notre laboratoire propre, vieux de trente ans, et le renouvellement de notre parc informatique, en cours, a déjà été repoussé", déplore-t-il.
L'AIEA ne fait pas de recherche et développement en propre et dépend donc des efforts conduits dans ce domaine par 19 de ses Etats membres, Union européenne comprise. Celle-ci et l'AIEA viennent de célébrer vingt-cinq ans de collaboration dans ce domaine, dans l'un des laboratoires de la Commission européenne, à Karlsruhe.
Entouré de barbelés et de barrières électrifiées, l'Institut des transuraniens (ITU) abrite des détectives en blouse blanche. Depuis les années 1990, ceux-ci ont été sollicités, avec leurs microscopes électroniques, leurs caissons blindés, leurs spectromètres et leurs outils de séparation des radionucléides, pour élucider des cas de trafic de matière nucléaire qui se sont produits en Allemagne, mais aussi dans le reste de l'Europe.

20 PAYS N'ONT PAS SIGNÉ LE PROTOCOLE
L'affaire la plus célèbre qui lui a été soumise date de 1994, lorsqu'une mallette contenant du plutonium avait été saisie à l'aéroport de Munich. La même année, l'institut eut à analyser plusieurs "pastilles" de combustible nucléaire et un petit cylindre de plutonium pur à 99,7 %, saisi lors d'une descente de police contre de supposés... faux-monnayeurs.
Depuis lors, une trentaine d'"affaires" ont été traitées par l'ITU. On lui confie aussi de simples "frottis" sur des pièces de coton : les particules piégées par le chiffon permettent de retracer l'historique des activités de l'installation.
Dans ses divers laboratoires, la Commission européenne travaille aussi, dans le cadre du traité Euratom, à la mise au point de moyens de surveillance des usines de retraitement du combustible nucléaire, comme celles de La Hague ou Sellafield (Grande-Bretagne), afin de s'assurer que la comptabilité du plutonium issu de ce processus est respectée.
A l'usine japonaise de Rokkasho Mura, un complexe immense de 38 bâtiments et de 1 700 kilomètres de tuyauteries, un système laser permettant de fournir un modèle en trois dimensions de chaque pièce est en développement.
En effectuant des scanners à intervalles réguliers, il sera possible de repérer automatiquement la moindre modification dans l'installation. Par ailleurs, les flux de solutions radioactives - dont huit tonnes de plutonium par an - pourront être suivis en continu.
Avec les trafics qui ont suivi l'effondrement du régime soviétique, la découverte d'activité illicite en Irak et le démantèlement de filières impliquant des industriels européens, la lutte contre la prolifération nucléaire a changé de nature : alors que l'AIEA s'était longtemps contentée de vérifier les activités déclarées par les Etats signataires du TNP, elle s'applique désormais, comme l'y autorise le protocole additionnel (1997), à traquer les installations non déclarées et les activités suspectes.
En 2005, l'agence a lancé un appel à idées. Elle a reçu 60 propositions de sept de ses Etats membres, telles que l'échantillonnage à distance des gaz atmosphériques, ou l'amélioration des contrôles non destructifs.
L'analyse des images satellites et l'automatisation du traitement de données "publiques" présentes sur Internet constituent des pistes suivies avec intérêt. Tout comme l'analyse de la circulation des containers de port en port, qui révèle déjà des fraudes douanières classiques de manière très efficace.
Reste qu'une vingtaine de pays ayant des activités nucléaires n'ont pas signé le protocole additionnel. "Nous ne pouvons intervenir que là où nous en avons le mandat, rappelle M. Heinonen. Il faut donc faire jouer la pression internationale pour que le protocole soit universellement adopté."
En attendant, insiste-t-il, il faut développer de nouveaux outils, car en matière nucléaire, "tout peut arriver".
Hervé Morin

CHRONOLOGIE
L'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a enregistré une quinzaine d'affaires - on parle pudiquement d'incidents - portant sur la vente d'échantillons ou de quantités plus substantielles d'uranium hautement enrichi (UHE) ou de plutonium (Pu) entrant dans la composition des armes :
1993 : 150 g d'UHE, Vilnius (Lituanie).
1994 : 2,9 kg d'UHE, Saint-Pétersbourg (Russie) ; 6,2 g de Pu, à Tengen, 363 g de Pu à Munich (Allemagne) ; 2,7 kg d'UHE à Prague (République tchèque).
1995 : 1,7 kg d'UHE, à Moscou (Russie).
1999 : 10 g d'UHE, à Rousse (Bulgarie).
2000 : 0,001 g de Pu, à Karlsruhe (Allemagne).
2001 : 0,5 g d'UHE, à Paris.
2003 : 170 g d'UHE à Sadahlo (Géorgie).
2005 : 3,3 g d'UHE, perdus dans le New Jersey (Etats-Unis) et 0,0017 g à Fukui (Japon).

Prolifération nucléaire possible sinon probable en Asie

TAIPEH (Reuters - Jeudi 19 octobre 2006) - Six mois suffiraient au Japon pour fabriquer une bombe atomique s'il en prenait la décision - lui ou l'un de ses voisins - à la suite de l'essai nucléaire auquel a procédé la Corée du Nord, ce qui pourrait déclencher une course aux armements régionale, estiment les experts.
Depuis que Pyongyang a annoncé avoir testé un engin nucléaire le 9 octobre, les gouvernements du Japon, de la Corée du Sud et de Taiwan se sont appliqués à souligner qu'ils ne comptaient pas développer de programmes d'armement nucléaire.
Nombre d'experts estiment aussi que les pressions des Etats-Unis, soucieux de prévenir une prolifération nucléaire déstabilisatrice en Extrême-Orient, feraient efficacement obstacle à la mise au point de tels arsenaux.
Mercredi à Tokyo, la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice a assuré aux dirigeants nippons que Washington tiendrait ses engagements en matière de sécurité dans la région, notamment en ce qui concerne la défense du Japon en cas d'agression.
Mais beaucoup spéculent sur le fait que les priorités pourraient changer à l'avenir, en fonction d'éventuels nouveaux essais nord-coréens et des perspectives de mise au point de missiles à longue portée dotés d'ogives nucléaires.
A court terme, la Corée du Sud et Taiwan manqueraient de matériaux fissiles en quantité suffisante pour assembler un tel engin, déclarent des experts.
Mais au Japon, seul pays au monde sur lequel aient été larguées des bombes atomiques, des réacteurs nucléaires ont produit assez de plutonium à partir de combustible usagé pour fabriquer un engin en six mois, ajoutent-ils.
Un programme intensif de ce type exigerait un effort énorme et provoquerait sans doute de graves dissensions internes, estime Mark Fitzpatrick, spécialiste de la non-prolifération à l'Institut international des études stratégiques de Londres.
"Le Japon possède assez de plutonium d'une qualité correspondant aux réacteurs pour en faire, selon certains experts américains, une arme en deux mois s'il met toute son énergie nationale dans le projet", dit Fitzpatrick. Mais, "à moins d'avoir procédé à des travaux préliminaires, il serait plus réaliste de dire que cela lui prendrait dans les six mois."

RECHERCHES INTERROMPUES
La Corée du Sud et Taiwan ont travaillé à la mise au point d'armes nucléaires dans les années 1970 et 1980 avant d'y renoncer sous la pression des Etats-Unis, selon le site internet de l'Initiative pour la réduction de la menace nucléaire (www.nti.org).
Séoul et Taipeh disposent de centrales nucléaires produisant des matériaux susceptibles de servir à fabriquer du plutonium pour un usage militaire. La relance de tels programmes serait toutefois difficile d'un point de vue à la fois pratique et politique, indiquent des analystes.
"Pour que Taiwan et la Corée du Sud se dotent de matériels produits sur place, il faut compter au moins deux ans dans l'hypothèse où serait lancé un programme intensif", déclare un diplomate en poste à Vienne et proche de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).
La Corée du Sud avait suscité des remous en annonçant il y a deux ans à l'AIEA qu'elle avait procédé avec succès à l'enrichissement de petites quantités d'uranium dans les années 1970 et au début des années 1980, et qu'elle avait en outre extrait de petites quantités de plutonium à cette époque.
Depuis lors, Séoul dit se conformer strictement à la réglementation de l'AIEA. Mais, après l'essai nord-coréen, 65% des Sud-Coréens interrogés lors d'un sondage se sont prononcés pour la mise au point d'armes nucléaires.
Un redémarrage du programme nucléaire taiwanais est aussi jugé problématique, ne serait-ce que parce qu'il serait inacceptable pour la Chine, qui tient l'île pour une province chinoise rebelle qu'elle menace de reprendre par la force.
Taipeh a réaffirmé qu'il ne relancerait pas de programme nucléaire militaire. L'expert nucléaire taiwanais Jiang Shiang-huei déclare que l'île ne possède pas le savoir-faire voulu pour produire du plutonium exploitable à un niveau militaire.
Le Japon possède une capacité de lancement de fusées adaptable aux tirs de missiles à longue portée, déclarent des experts. "Une fusée est exactement la même chose qu'un missile. Il suffit de changer son angle de tir et de la diriger sur le pays pris pour cible", fait observer Yasuhiko Yoshida, professeur d'études politiques internationales à l'Université d'Osaka.

La Corée du Nord a-t-elle inventé la fumée sans feu nucléaire ?

Sur la base d'analyses de radiations, les Etats-Unis doutent de la réalité du test de lundi.
Libération : Samedi 14 octobre 2006 - Par Philippe GRANGEREAU, Laurent MAURIAC
L'annonce d'un premier test nucléaire lundi par la Corée du Nord était peut-être une ruse. Les échantillons d'air prélevés par les avions militaires américains envoyés sur les côtes nord-coréennes n'ont jusqu'alors détecté aucune radiation, a annoncé vendredi à Washington un officiel américain sous couvert de l'anonymat. «Les tests initiaux se sont révélés négatifs», a-t-il affirmé, ajoutant qu'il «doutait que les tests ultérieurs puissent être différents». «Il serait toutefois inexact pour nous de dire avec une certitude de 100 % que, du fait qu'aucune radiation n'a été détectée, il s'agissait de TNT ou d'explosifs conventionnels», a-t-il mis en garde.
Contrer. Certains scientifiques assurent qu'il est très difficile de contenir de telles radiations, a-t-il ajouté, mais d'un autre côté les Nord-Coréens peuvent très bien rétorquer que leur test était si bien conduit et confiné que rien ne s'est échappé... Pyongyang, dans sa courte annonce officielle du 9 octobre, paraissait curieusement contrer à l'avance des arguments pouvant mettre en doute la nature de l'explosion : «Il a été confirmé qu'il n'y avait pas de danger d'émission radioactive dans le processus de test nucléaire, réalisé avec considération scientifique et calculs précis, dans les conditions dans lesquelles il a été mené (sic). »
Les données divergent sur la puissance exacte de la charge. En Corée du Sud, le centre de recherches sur les tremblements de terre l'a évaluée à 0,8 kilotonne (kt), soit l'équivalent de 800 tonnes de TNT. La France a évoqué environ 0,5 kt, le renseignement américain «moins de 1 kt».
De leur côté, des sismologues norvégiens pensent que la puissance se situait entre 1 et 10 kt. Mais le ministre russe de la Défense, Sergueï Ivanov, a mentionné 5 à 15 kt. Les premières explosions effectuées par des pays aspirant à devenir des puissances nucléaires étaient, elles, situées entre 10 et 60 kilotonnes. La Corée du Nord aurait pu, en théorie, placer un millier de tonnes d'explosifs au fond du puits de mine de charbon dans lequel l'«essai» a été réalisé. Mais, explique un expert cité dans le New York Times, il aurait été difficile de le dissimuler sachant que des satellites-espions observent ce site. Il est également possible que Pyongyang ait bel et bien procédé à un test nucléaire, mais que celui-ci ait en partie raté. En août 1998, la Corée du Nord avait annoncé le lancement d'un satellite tournant autour de la terre et diffusant depuis l'espace des chansons à la gloire du «grand leader». Bien que personne n'ait jamais pu repérer l'engin, la propagande officielle affirme toujours qu'il est bel et bien en orbite...
Missiles et chars. L'ambiguïté qui subsiste quant à la nature de l'explosion risque de rendre acrobatiques les négociations au Conseil de sécurité des Nations unies, qui débat d'une résolution visant à imposer des sanctions contre Pyongyang pour un test qui n'a peut-être pas eu lieu. Vendredi, malgré tout, les Etats-Unis et la France disaient espérer obtenir un vote de l'ONU dès ce samedi. Les cinq membres permanents du Conseil et le Japon ont mis au point un nouveau projet de résolution tenant compte des réserves de la Chine. Contrairement au précédent, il ne comporte plus d'embargo total sur les armes à destination de Pyongyang, mais interdit la vente de missiles, de chars, de navires de guerre et d'avions de combat. Est également prévue «l'inspection internationale de toute cargaison à destination ou en provenance de Corée du Nord». Le projet appelle le pays à retourner «immédiatement» aux pourparlers à six (Chine, les deux Corées, Etats-Unis, Japon, Russie), qui visent à lui faire abandonner ses programmes nucléaires militaires. Des pourparlers que Pyongyang boycotte depuis novembre 2005.

Corée du Nord: interrogations sur une explosion

Plusieurs semaines seront nécessaires aux experts pour déterminer la vraie nature du test mené par la Corée du Nord le lundi 9 octobre. Selon le gouvernement autoritaire de Pyongyang, il s’agit du premier test nucléaire du pays qui lui permet d’entrer dans le club restreint des pays qui possède l’arme atomique. Cependant, à l’heure actuelle, les experts s’interrogent sur la nature de l’essai et n’excluent pas l’hypothèse du bluff, une explosion conventionnelle présentée comme un essai nucléaire. Une secousse sismique mesurant de 3,5 à 3,7 sur l’échelle de Richter a été détectée lundi à 10h35 heure locale en Corée du Sud (1h35 GMT). L’US Geological Survey (USGS) a enregistré une secousse de 4,2 sur l’échelle de Richter. Il est facile de distinguer la signature sismique d’une explosion de celle d’un séisme. En revanche distinguer une explosion conventionnelle d’un essai nucléaire demande plus de temps. Les estimations de la puissance de l’explosion de lundi varient grandement, de moins d’un kilotonne de TNT selon les experts sud-coréens à 5 à 15 kilotonnes selon Moscou. Soit la Corée du Nord a mis au point une très petite bombe nucléaire, soit l’essai a tourné court. L’essai ayant été mené dans un souterrain, il n’est pas possible de mesurer les produits radioactifs dispersés dans l'atmosphère lors de l'explosion, à moins qu’il y ait eu des fuites. Des avions seront probablement envoyés à proximité du site de l’explosion pour détecter la présence éventuelle de radionucléides. Les changements de topologie du terrain devraient par ailleurs être visibles pour les satellites équipés d’instruments radars. L’Organisation du traité d'interdiction complète des essais nucléaires (OTICE/ CTBO) située à Vienne, en Autriche, centralise toutes les données recueillies par les équipes scientifiques à travers le monde. L‘OTICE possède son propre réseau de 321 stations de détection sismique et hydroacoustique (pour les essais sous-marins) et 16 laboratoires d’analyse des radionucléides. Pour l’instant l’OTICE s’est contentée de regretter le geste de Pyongyang mais n’a pas encore communiqué sur la nature de l’explosion. C.D.
(Nouvel Obs / Sciences et avenir 10/10/06)

Actions en Bretagne

En août 2006, comme en août 2005, les militants pacifistes de Greenpeace, du Réseau Sortir du Nucléaire, de AE2D et de la Flottille Rade de Brest pour une mer propre investissent le festival du Bout du Monde. Ce festival des musiques du monde se déroule sur la presqu'île de Crozon, à 2 kilomètres à peine de la plus grande base nucléaire d'Europe, l'Ile Longue, en face de Brest.
Pour une raison mystérieuse, il est l'un des seuls festivals de Bretagne à n'accepter aucune association militante, et surtout pas Greenpeace qui a le mauvais goût de rappeler aux festivaliers qu'il y a 2000 fois Hiroshima tout près...
Merci aux groupes (Sinsémillia, les Dupains...) et aux complices de la paix qui nous permettent chaque année d'investir le festival au nez et à la barbe de ses organisateurs, et notamment des nombreux militaires qui participent à l'installation du site, et de faire passer massivement notre message auprès des festivaliers !
Si vous souhaitez participer aux actions non violentes sur le festival du Bout du Monde l'an prochain, envoyez nous un petit message : contact(a)nonaumissilem51.org
Source : Non au missile M51

Photos à voir ici

Les pacifistes bretons appellent au désarmement

Ouest-France (29) - lundi 16 octobre 2006 - Les participants du premier forum régional pour la paix réunis hier à Carhaix, dénoncent « la folie suicidaire de la course aux armements nucléaires ».
Dimanche, ils sont venus de Rennes, de Caen et du reste de la Bretagne pour une journée de débats et une marche pour la paix. « En tant que médecin, tout ça me choque, confie Annick, une des 130 participants rassemblés dans la salle du Cinédix, à Carhaix. Ca me choque d'autant plus que les milliards d'euros consacrés à l'armement sont contraires à ce qui a été décidé dans le cadre du TNP, le traité de non-prolifération des armes nucléaires. » Pour cette militante pacifiste de 62 ans, engagée depuis 1976 dans le Mouvement pour la paix, ce non-respect met la France en difficulté pour faire la leçon au reste du monde. « Est-ce qu'on a le droit éthique d'interdire aux autres d'avoir l'arme nucléaire dans ces conditions · »
Autocollant de la CGT à la boutonnière, Pascal Franchet n'y va pas non plus par quatre chemins. « Il y a eu plus de 100 000 emplois perdus dans les industries d'armement du fait des privatisations et de départs en retraite. Ces privatisations empêchent la reconversion de ces emplois dans des industries non mortifères », affirme-t-il, tout en justifiant sa présence aux côtés des pacifistes bretons. « Le mouvement syndical a toute sa place dans le Mouvement pour la paix. Il faut réfléchir à ce qu'on fait pour la planète. Sinon cette course aux armements nous conduira droit dans le mur. »
Une réflexion en panne, semble-t-il, faute de débat public. « Nous sommes pour une politique de Défense. Mais c'est une question qui doit se débattre, alors que ça n'a pas lieu aujourd'hui. »
Ancien militaire appelé de la guerre d'Algérie, Michel Verger, lui non plus, ne porte pas les démonstrations guerrières dans son coeur. « J'ai toujours pensé que la guerre était irrationnelle. La guerre d'Algérie a montré que la force ne règle rien », confie ce vétéran des essais nucléaires français, témoin des deux premières explosions réalisées à Reggane, dans le désert algérien. « Je serai à Alger en février aux côtés des pacifistes australiens, américains, français et japonais, pour un colloque où je raconterai mon vécu. »
Un Japon par ailleurs très présent, avec une exposition sur les dévastations de l'arme atomique à la fin de la Seconde Guerre mondiale, et la lecture d'une lettre de Tadatoshi Akiba, le maire d'Hiroshima, adressée aux participants de ce premier forum pour la paix. « Je mesure combien votre action relève de courage et de lucidité dans une Bretagne particulièrement marquée par la présence des armes nucléaires françaises.»

L'essai nucléaire nord-coréen : première conséquence de la réhabilitation de l'arme nucléaire aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne et... en France

La Corée du Nord vient donc de procéder à un essai nucléaire souterrain sur son territoire. Elle devient ainsi la 9ème puissance nucléaire du monde, après les Etats-Unis, la Russie, la Grande-Bretagne, la France, la Chine, Israël, l'Inde et le Pakistan.

Le lien entre nucléaire civil et militaire confirmé
Une fois de plus, le lien intime qui existe entre recherche nucléaire, production d'énergie nucléaire et développement de bombes nucléaires se confirme. Si demain l'Iran se dote d'une bombe, ce sera comme dans le cas de la Corée du Nord parce qu'elle aura reçu l'aide indispensable au développement d'un programme de recherche nucléaire supposé civil, mais dont les technologies, les connaissances scientifiques et même les matières premières (uranium et plutonium) nécessaires sont parfaitement duales. Il est urgent de mettre fin à cette illusion qui consiste penser qu'il serait possible d'opérer une séparation radicale entre nucléaire civil et militaire. Un pays qui maîtrise l'ensemble de la filière uranium, jusqu'au retraitement (extraction) de son déchet le plutonium est en mesure de réaliser une bombe nucléaire dans un délai relativement court.

La conséquence directe de la politique de réhabilitation de l'arme nucléaire
La politique étrangère du Président américain, particulièrement belliqueuse, est évidemment au coeur de la crise nord-coréenne. Les dirigeants de ce pays n'ont jamais cessé d'alerter le monde sur les menaces graves dont leur pays faisait l'objet de la part des Etats-Unis depuis l'arrivée de G. Bush au pouvoir.

Mais plus fondamentalement, c'est la réhabilitation dont fait actuellement l'objet la bombe nucléaire aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne et en France qui explique l'abandon du Traité de Non Prolifération par la Corée du Nord. Les derniers développements en matière d'armes nucléaires aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne et en France, avec notamment l'apparition des mini-bombes nucléaires d'attaque, bouleversent les équilibres militaires passés. Directement menaçants, ils constituent en outre des violations flagrantes du Traité de Non Prolifération. A ce double titre, ils sont un encouragement majeur à la prolifération de la bombe dans le reste du monde.

Il est donc particulièrement malvenu de voir la France tester en ce moment même au Centre d'Essais des Landes et de la Méditerranée son futur missile M51 dont la caractéristique principale est justement la capacité à emporter des mini-bombes nucléaires pour opérer des frappes nucléaires « chirurgicales ». Avec ce type d'armement, on rend d'autant plus facile et acceptable l'usage de la bombe nucléaire. Comment ne pas voir qu'il s'agit là d'une menace réelle pour les pays du Sud, et que ceux-ci se trouvent donc encouragés à se doter à leur tour de la bombe ? La Corée du Nord ne s'y trompe pas. On ne sortira pas de cette nouvelle course aux armes nucléaires tant que les principales puissances nucléaires resteront dans l'hypocrisie du « faîtes ce que je dis, ne faîtes pas ce que je fais » et continueront d'enfreindre le Traité de Non Prolifération en reprochant aux autres de vouloir aujourd'hui faire de même. »

Il est probable aussi que la Chine se serve de la Corée du Nord, dont elle a soutenu l'effort nucléaire, pour gêner les Etats-Unis en Asie et reprendre l'offensive sur la question de la dénucléarisation de l'espace, objet d'un blocage ancien entre les deux pays : les Etats-Unis sont à ce jour le seul pays à maîtriser militairement l'espace, et cette supériorité incontestée est actuellement dirigée vers la Chine. La Chine ainsi menacée refuse de discuter désarmement nucléaire (auquel elle a pourtant intérêt puisqu'elle ne peut espérer atteindre la puissance de son rival les Etats-Unis, sinon par l'élimination des dites armes) tant que les Etats-Unis continueront de la menacer.

Rappeler quelques évidences

Certes, ce que la Corée du Nord vient de faire est très grave, injustifiable, et contraire non seulement au Traité de Non Prolifération (TNP), auquel elle avait pourtant adhéré avant de s'en retirer en 2003, mais également au Traité d'interdiction complète des Essais nucléaires (TICE), qui tenait lieu jusqu'ici de garde-fou international contre les essais. Cependant, il est important de noter que les Etats-Unis eux-mêmes n'ont pas ratifié ce traité, le TICE (ils n'ont d'ailleurs pas fermé leur site d'essais du Nevada, qui est prêt à resservir à tout moment), et ne respectent pas davantage le TNP : les Etats-Unis sont actuellement dotés de plus de 10 000 bombes nucléaires, dont une grande partie sont immédiatement opérationnelles.

La menace n'est donc pas de la même ampleur : la Corée du Nord ne dispose apparemment pas de vecteurs fiables pour ses bombes. Tous ses tests de missiles de longue portée ont jusqu'ici échoué, y compris les derniers en date, en juillet de cette année. De leur côté, les Etats-Unis ont ouvert des bases aériennes dans le monde entier. Ces bases accueillent des bombardiers nucléaires, et c'est ainsi le cas de la base du Pacifique la plus proche de la Corée du Nord, sur l'île de Guam. Ils maintiennent en état d'alerte permanente dans l'océan pacifique une flotte de sous-marins dotés du feu nucléaire. Ils continuent en outre d'abriter sur leur sol des missiles nucléaires intercontinentaux. Tous ces vecteurs sont capables de frapper à n'importe quel moment la Corée du Nord. Et bien sûr, la Corée du Nord n'a pas projeté de forces à l'extérieur, tandis que les Etats-Unis occupent actuellement 2 pays, qu'ils en ont attaqué plusieurs ces dernières années, et qu'ils en menacent bien d'autres.

Il est donc urgent de créer un large mouvement d'opinion capable de renverser cette logique de prolifération nucléaire en imposant d'abord aux grandes puissances nucléaires le retour à une logique de désarmement effective, qu'elles pourront ensuite imposer au reste du monde, en s'appuyant sur l'écrasante majorité des Etats du monde qui s'opposent déjà à l'arme nucléaire.

Xavier Renou, 9 Octobre 2006

Essais nucléaires : la France et les USA aussi coupables que la Corée du Nord

09/10/2006 - Communiqué de presse du Réseau Sortir du nucléaire

La France doit stopper immédiatement la construction du Laser Mégajoule

La France est totalement disqualifiée pour dénoncer le comportement – qui est effectivement irresponsable – des dirigeants de la Corée du Nord. En effet, en développant des programmes de "simulation" des essais nucléaires, la France (de même que les USA) donne des prétextes aux autres pays pour continuer à développer eux aussi des armes atomiques.

Il est important de noter que le Traité de non-prolifération (TNP) ne se contente pas d'interdire l'accès aux armes atomiques aux pays qui n'en sont pas dotés. En effet, le TNP exige aussi des 5 pays "dotés" (USA, France, Russie, Chine, Grande-Bretagne) :
- "l’élimination totale des armes nucléaires sous un contrôle international stricte et efficace" (article VI)
- et depuis la délibération de la Conférence de l’ONU de mai 2000 : "la diminution du rôle des armes nucléaires dans la politique de Défense"
Il est clair que la politique française de simulation des essais nucléaires, afin de moderniser les armes nucléaires mais aussi de mettre au point une nouvelle génération de bombes atomiques, est en parfaite contradiction avec le TNP.

Les dirigeants de la Corée du Nord (tout comme ceux de l'Iran, d'ailleurs) sont donc fondés à se conduire de façon aussi irresponsable que les dirigeants français et américains.

La France doit renoncer à son programme de simulation des essais nucléaires et stopper immédiatement la construction (au Barp, près de Bordeaux) du Laser Mégajoule, dont l'objet est précisément de simuler les essais nucléaires.

Greenpeace condamne l’essai nucléaire réalisé par la Corée du nord

9 octobre 2006 - Paris, France — Greenpeace condamne l’essai nucléaire souterrain réalisé ce jour par la Corée du nord. Les services de renseignement de la Corée du sud ont détecté un séisme d’une magnitude de 3.58 confirmant l’annonce de l’essai faite par l’agence de presse nord-coréenne (KCNA). La Corée du nord devient donc la 9ème puissance nucléaire du monde.
« En devenant une puissance nucléaire, la Corée du nord confirme la faiblesse du Traité de non-prolifération. Le cas nord-coréen apporte une preuve supplémentaire de la facilité avec laquelle on peut passer du domaine de la recherche nucléaire et de la production d'énergie nucléaire, à celui des bombes nucléaires », déclare Xavier Renou, chargé de campagne Désarmement de Greenpeace France.

Greenpeace appelle les autres pays, et notamment la Corée du sud, le Japon et les Etats-Unis, à réagir avec modération et à reprendre au plus vite les discussions avec la Corée du nord. « Personne ne veut d'une puissance nucléaire de plus, mais avec plus de 5 000 armes nucléaires prêtes à usage aux Etats-Unis, l'écart entre les deux arsenaux reste immense et mérite d'être pris en compte, note Xavier Renou. C'est déjà suffisamment grave que la Corée du nord teste une bombe nucléaire, il ne faudrait pas ajouter en plus une rupture diplomatique qui ne ferait qu'augmenter encore la tension. »

La Corée du nord ne dispose apparemment pas de vecteurs fiables pour ses bombes. Les derniers tests en date de son missile de longue portée, en juillet dernier, ont été un échec cuisant, le missile éclatant en vol au-dessus du Pacifique peu de temps après le lancement. Les précédents essais s'étaient traduits par des échecs similaires.

De leur côté, les Etats-Unis ont ouvert des bases aériennes accueillant des bombardiers nucléaires dans le monde entier, y compris dans le Pacifique, avec la base de l'île de Guam. Ils maintiennent en état d'alerte permanente dans l'océan Pacifique une flotte de sous-marins dotés du feu nucléaire. Ils continuent en outre d'abriter sur leur sol des missiles nucléaires intercontinentaux. Tous ces vecteurs sont capables de frapper la Corée du nord. Les Etats-Unis, tout comme la Chine, Israël et l'Iran, n'ont pas ratifié le Traité d'interdiction complète des essais nucléaires.
« Il est par ailleurs particulièrement malvenu de voir la France tester en ce moment même au Centre d'essais des Landes et de la Méditerranée son futur missile M51, dont la caractéristique principale est la capacité à emporter des mini-bombes nucléaires pour opérer des frappes nucléaires "chirurgicales", remarque Xavier Renou. On ne sortira pas de cette nouvelle course aux armes nucléaires tant que les principales puissances resteront dans l'hypocrisie du "faites ce que je dis, pas ce que je fais" et continueront d'enfreindre le Traité de non-prolifération. »

Essai nucléaire Coréen : Face à la provocation, Garder la tête froide et relancer le désarmement !

Mouvement de la Paix - 9 octobre 2006 - La Corée du Nord vient de procéder à son premier essai nucléaire, confirmant ainsi les menaces maintes fois proférées depuis son annonce de se retirer du Traité de Non Prolifération nucléaire en 2003.

C'est très grave !

La réponse apportée par la Corée du Nord à la menace permanente que constitue à ses yeux la politique de Georges Bush est irresponsable. C'est la plus mauvaise réponse pour le peuple coréen et les peuples de la planète entière.

Cette annonce vient confirmer que la stratégie de tension et de suspicion permanente orchestrée par les Etats-Unis ne peut qu'aboutir à un monde plus dangereux.

La prolifération du nombre de pays qui sont en capacité -et parfois en recherche -d'obtenir l'arme atomique, est un danger très sérieux pour le présent et l'avenir. Arme stratégique, mais aussi arme politique, l'arme nucléaire apparaît malheureusement aujourd'hui comme le seul moyen d'être reconnu comme une puissance qui compte et d'assurer une forme de sécurité par la peur qu'on inspire. N'est-ce pas l'argument employé par les pays « officiellement » possesseurs de l'arme nucléaire ?

Le Conseil de sécurité et la communauté internationale dans son ensemble doivent garder la tête froide. Quiconque s'engagerait dans des frappes – fussent-elles censées être ciblées - se rendrait autant coupable que la Corée d'une folle escalade à l'issue indéterminée.

Le peuple coréen, déjà victime d'une dictature terrible, ne doit pas payer pour la politique de ses dirigeants. La sécurité du peuple coréen doit être garantie, ainsi que celle des peuples de la région.

Il faut de toute urgence relancer les processus de désarmements internationaux ! La seule parade à la prolifération nucléaire est le désarmement. Les moyens de sa vérification sont au point. Il faut appliquer le Traité de Non Prolifération dans sa totalité, dont l'article VI qui impose aux puissances nucléaires de s'engager vers le désarmement.
La France qui propose au vote des parlementaires un budget de la Défense dans lequel sont inscrits les programmes de modernisation de son arsenal nucléaire, doit faire preuve d'audace et donner des signes tangibles. Elle doit geler ses programmes en renonçant à sa propre modernisation et s'engager pour la convocation d'une 4 ème cession spéciale de l'O.N.U. pour le désarmement consacrée au désarmement nucléaire complet.

Militants pacifistes molestés : L’ordre selon Nicolas Sarkozy

COMMUNIQUE d’ACDN, 8 octobre 2006

Ce vendredi 6 octobre, le ministre de l’Intérieur Nicolas Sarkozy était en déplacement dans le Finistère et visitait une ferme à Saint Goazec. Trois militants bretons du Mouvement de la Paix, préparant le Forum pour la Paix qui aura lieu à CARHAIX dimanche 15 octobre, sont venus dire que « la France viole le TNP » en construisant des missiles M51. Alors que les gendarmes les avaient autorisés à stationner leur véhicule portant un missile symbolique sur son toit, une escouade de CRS est venue arracher le symbole et brutaliser les trois militants pacifistes. L’un d’eux a dû être hospitalisé.

L’Action des Citoyens pour le Désarmement Nucléaire (ACDN) se joint au Mouvement de la Paix pour protester contre ces méthodes inqualifiables. Si les CRS ont agi sur ordre du ministre de l’Intérieur, sa conception de la démocratie est inquiétante ; s’ils l’ont fait de leur propre chef, c’est son contrôle sur les forces dites de l’ordre qui fait problème. Dans les deux cas, Nicolas Sarkozy ne paraît pas à la hauteur de la fonction présidentielle à laquelle il prétend.

Par ailleurs, ce ne sont pas les missiles en carton qu’il faut démanteler, ce sont les vrais. M. Sarkozy vient de prendre position pour le maintien de la force de frappe, tout en disant que la dissuasion nucléaire devrait être discutée. Sur quoi portera donc la discussion ? Sur la couleur des missiles ? Et devra-t-elle se faire sous le contrôle musclé des CRS ?

Le discours sécuritaire de Nicolas Sarkozy, tant à l’Intérieur qu’à l’extérieur, ne doit pas faire illusion. Les fauteurs d’insécurité ne sont pas forcément ceux que désigne un ministre habile à provoquer le désordre, pour ensuite rétablir l’ordre et poser en sauveur de la République. Ces méthodes ne vont pas sans rappeler celles d’un dangereux agitateur des années trente. On en connaît la suite. L’ascension d’un ambitieux liberticide est résistible, mais surtout au début.

Suite des événements, d’après le témoignage d’un Quimpérois s’exprimant sur le site de Bellaciao :

"Quimper, ce vendredi 6 octobre était en état de siège. Sarkozy était en ballade. Le centre-ville totalement bouclé, les passants fouillés et les manifestants violemment réprimés.

"Après les militants du mouvement de la paix, ce furent des citoyens, membres du collectif "droit d’asile" qui furent jetés à terre, brutalisés et pour l’un d’eux embarqué et menotté. A ce jour on ne sait toujours pas si Sarkozy était là en tant que ministre de l’intérieur ou candidat à la présidentielle venu rendre visite aux édiles UMP de la ville.

"Plus de 300 policiers harnachés pour "le combat de rue" ont protégé (mais contre qui ?) le déjeuner de N. Sarkozy dans une brasserie chic des bords de l’Odet..."

Communiqué du groupe "la Phaze"

La Phaze à souhaité s'engager auprès de Greenpeace, des différentes associations et de tous les artistes présents pour l'arrêt immédiat de la fabrication des missiles M-51 en France.
A l'heure où l'on nous parle de respect du traité de non-prolifération nucléaire en Iran où en Corée du Nord, il est inadmissible que le gouvernement français permette à des industriels champions de l'armement la fabrication de telles armes meurtrières.
Pour quelle raison si ce n'est bien évidemment celle du (très) gros profit?
Se rendre complice de milliers de morts humaines pour engrainer la machine de guerre au moyen-orient aujourd'hui comme ailleurs demain n'est absolument pas conforme à nos valeurs de citoyens du monde.
La santé, l'emploi, le logement pour tous et la culture doivent être au coeur des priorités morales et économiques. Or des millions d'euros d'argent public partent dans les usines de la mort !!
Il nous est donc nécessaire et urgent de participer à ce grand élan collectif et solidaire. NON au M-51!!!!

LA PHAZE

Greenpeace divise

Sud ouest, 7 Octobre 2006 - Daniel Marque
GRANDS LACS - La propreté du site après le passage de la manifestation de Greenpeace n'a pas convaincu les élus

Le conseil communautaire réuni jeudi 5 octobre a examiné le compte de la location de l'aire de grand passage à l'association Greenpeace pour son Festival de la paix. Celle-ci devra s'acquitter d'un loyer de 1 310,84 Euros correspondant au prix du loyer du terrain pour dix jours (797 E), le coût en personnel (301 E) pour deux heures par jour pendant dix jours) et 626 kw d'électricité consommée (212,84 E). Yves Guedo, maire de Sainte-Eulalie et président de la Communauté de communes des Grands Lacs (les six communes du canton de Parentis), reconnaît que « le site a été rendu impeccable »; seuls trois piquets en ciment ont été endommagés, le prix sera retenu sur la caution. Les élus délégués de Biscarrosse regrettent qu'un tarif aussi modeste ait été appliqué à une organisation internationale aux fonds estimés en centaines de millions d'euros. Alain Dudon, maire de Biscarrosse, déclare « souhaiter ne plus recevoir ce type de festival, avec les nuisances sonores qu'il provoque à la population... nous avons donné; que les autres en fassent autant avant qu'ils reviennent chez nous ». Interrogé sur « les autres », le maire rassure ses collègues, le « nous » désignait la CDC.

Le nucléaire au coeur des divergences entre les présidentiables

Le débat autour du nucléaire entre les candidats à l'Elysée se noue autour de la construction du réacteur de troisième génération EPR, à Flamanville (Manche), d'ici à 2012.

Nicolas Sarkozy est le seul à soutenir le projet lancé par le gouvernement : l'EPR serait la meilleure solution pour diviser par quatre les émissions de gaz à effets de serre d'ici à 2012, conformément au protocole de Kyoto. Il insiste pour développer la recherche sur les déchets nucléaires et les énergies renouvelables.

Les présidentiables du PS, malgré des dissensions internes, se sont prononcés contre le projet EPR. Selon eux, le protocole de Kyoto peut être respecté sans l'EPR. Ils estiment que le budget nécessaire à la construction de l'EPR empêcherait de financer le développement des énergies renouvelables. Leur souhait : sortir à terme du nucléaire.

Le PCF demeure favorable à l'EPR en attendant la quatrième génération de centrales.

La candidate des Verts, Dominique Voynet, comme celui de la LCR, Olivier Besancenot, sont pour une sortie rapide et programmée du nucléaire. Philippe de Villiers (MPF) et Jean-Marie Le Pen au FN, ne sont pas opposés à l'EPR. M. de Villiers réclame néanmoins des garanties scientifiques.

Le Monde - jeudi 5 octobre 2006

Non au missile M51 !

Nous sommes dans le collectif www.nonaumissileM51.org et étions à Biscarosse (Landes) lors de la manifestation devant le CELM. Nous apportons tout notre soutien aux trois militants de Quimper, agressés par les forces de police.
Nous joignons notre communiqué de presse du 1er octobre 2006.

Communiqué de Presse Non au missile M 51 !

L'UNION PACIFISTE, section française de l'Internationale des résistants à la guerre (IRG), réunie en Congrès à Paris les 30 septembre et 1er octobre 2006, se réjouit du succès du rassemblement des 22, 23 et 24 septembre, à Biscarosse (Landes), pour la suppression du nouveau missile nucléaire M-51 et l'arrêt total des programmes de réarmement français.

Il est heureux et encourageant d'avoir vu la grande majorité du mouvement pacifiste français dépasser ses divergences et s'unir contre la folie meurtrière des armées, des dirigeants politiques, et des scientifiques coupables. L'UPF réaffirme cependant que le désarmement nucléaire ne peut être qu'une étape dans le nécessaire désarmement total. Aucune arme n'est acceptable, et rien ne peut justifier ni sa conception, ni sa fabrication, et donc encore moins son emploi, par quelque force que ce soit, militaire, policière ou révolutionnaire. Pendant ces trois jours, des milliers de participants, venus de la France entière et de toute l'Europe, ont montré qu'ils ne voulaient plus d'un avenir à l'ombre des bombes et des soldats. L'UPF s'inquiète et alarme que la majeure partie de la presse nationale et celle de l'édition appartient aux marchands d'armes Dassault et Lagardère. Ceci explique sûrement pourquoi il n'a pas été fait mention des 39 militants belges, anglais, allemands, suédois et français, qui ont réussi à pénétrer dans l'enceinte du Centre d'essai des Landes et de la Méditerranée (CELM), à la barbe de l'armada de CRS, de gendarmes, de militaires et gardes mobiles, appuyés par des hélicoptères. Cela nous rassure, citoyens inspecteurs, sur la prétendue inviolabilité du site, qui avait été pourtant affirmée par les autorités régionales. Que serait-il advenu de notre sécurité, si ces actions n'avaient pas été menées par des non-violents mais par des terroristes ? La volonté du sous-préfet et du colonel de la gendarmerie de nier l'action de ces « inspecteurs » dont certains se sont promenés tranquillement pendant près de 4 heures avant d'être interpellés, devant même parfois se rendre d'eux-mêmes aux forces de l'ordre, prouve amplement que nous avons gêné le mythique secret défense.

L'UPF continue sa lutte, commencée en 1961, en faveur du désarmement unilatéral de la France, en réaffirmant son soutien aux actions à venir pour l'arrêt du missile M-51. « La guerre est un crime contre l'humanité. Pour cette raison, nous sommes résolus à n'aider à aucune espèce de guerre et à lutter pour l'abolition de toutes ses causes. » - Engagement signé par chaque membre de l'Internationale des résistants à la guerre.

Union pacifiste de France, BP 196, 75624 Paris cedex 13, Tél : 01 45 86 08 75, www.unionpacifiste.org

Ecosse, Royaume Uni - FASLANE : C'EST PARTI POUR UNE ANNEE DE BLOCUS !!


Sous-marins sur la base Faslane

La campagne Faslane365 tendant à obstruer la base des sous-marins Trident et à en perturber le fonctionnement pendant une année entière a débuté ce dimanche 1er octobre avec un groupe de femmes de Greenham Common et du camp d'Aldermaston qui seront rejointes par les Women in Black. Le 5 octobre, c'est un groupe de militantEs de Sheffield qui prendra le relais.

Une délégation française est quant à elle prévue pour les 11 et 12 novembre 2006 (prévoir d'être dispo du 9 au 14 pour y participer) et les 26 et 27 mars 2007 (prévoir d'être dispo du 23/24 au 28/29 pour y participer) avec une préparation à l'action sur Glasgow. L'organisation du transport est en cours et dépendra du nombre de participantEs : vous pouvez contacter france(a)faslane365.org pour plus d'info.
Le kit complet pour l'action est disponible en français sur http://www.faslane365.org/resources/ (attention, le mail chantal.duval2(a)wanadoo.fr qui s'y trouve n'est plus valable).

L'objectif de la campagne est de mettre fin au déploiement des sous-marins Trident porteurs d'ogives nucléaires, d'obtenir du gouvernement un agenda pour le démantèlement des armes nucléaires et un engagement à ne pas en développer de nouvelles.

Son principe est d'y perturber l'activité pendant toute une année avec différents groupes affinitaires se relayant pour des piquets nonviolents mais résolus à tenir, pendant une durée de 1 à 2 jours (ou plus) du 1er octobre 2006 à fin septembre 2007.

Chronique de l'inspection citoyenne de Biscarrosse en espagnol

D'après les infos de "non au missile m51" et "bombspotting" :
Más de 2000 personas contra el centro de misiles de Biscarrose (Burdeos) y 39 inspectores entran en el recinto

« Qu'ils aillent ailleurs »

ANTINUCLEAIRES. Alain Dudon, le maire de Biscarosse, ne veut pas accueillir de nouveau les antinucléaires. Ils veulent pourtant revenir

Sud Ouest, Lundi 2 octobre 2006 - Jefferson Desport


Pour Alain Dudon, sans les concerts, il n'y aurait pas eu autant de monde pour dénoncer les essais du missile M 51 - PHOTO PASCAL BATS

Le 22 septembre dernier, à l'appel de Greenpeace, près de 12 000 personnes s'invitaient à Biscarrosse pour danser avec Johnny Clegg et dénoncer les prochains essais du missile M 51, qui auront lieu ici au Centre d'essais des Landes. Une affluence record qui, si elle a été saluée comme une victoire par les antinucléaires, n'a pas vraiment été appréciée du côté de la municipalité de Biscarrosse. Au point qu'Alain Dudon, le maire UMP de la ville et accessoirement responsable qualité du CEL, ne veuille pas entendre parler d'un bis repetita pourtant dans l'air. Explications.

« Sud Ouest ».
Devant le succès de leur première opération à Biscarrosse, les antinucléaires veulent revenir au printemps. Les accueillerez-vous de nouveau ?
Alain Dudon.
Je ne le souhaite pas. Du moins s'ils se limitent à une manifestation comme celle du samedi, là je suis d'accord. Mais, que ce soit clair, je ne veux plus de concerts comme ça a été le cas. Ce n'était rien d'autre qu'un mini Teknival. D'ailleurs sans ces concerts, je ne sais pas s'ils auraient été aussi nombreux à manifester...

Pourtant, il n'y a pas eu d'incidents à déplorer...
C'est exact. J'en profite d'ailleurs pour souligner l'excellente organisation menée par la préfecture au sujet de la sécurité. Mais en ce qui concerne la puissance des sonos, c'était insupportable. Il y a 36 000 communes en France, ils peuvent aller où ils veulent. Moi j'ai donné.

Considérez-vous qu'en accueillant ces missiles M 51 au Centre d'essais des Landes, Biscarrosse fasse désormais partie du dispositif nucléaire français ?
Non. En aucun cas, on ne peut affirmer ça. Faire rimer Biscarrosse avec nucléaire est un amalgame. Les missiles qui seront testés ici n'auront bien entendu pas leur charge nucléaire avec eux. Il n'y a rien à craindre de ce côté-là. Et je rappelle que les essais de missiles sont le propre d'un centre d'essais de lancement de missiles...

Greenpeace estime que ces nouveaux essais contribueront à polluer un peu plus encore le site du CEL et donc, par extension, ses alentours. Partagez-vous cette analyse ?
Non. Là encore, ce constat est infondé. Il n'y a rien qui retombe sur le site. On risque d'entendre le tir mais c'est tout.

Pensez-vous que cette publicité faite par les antinucléaires puisse nuire à l'image d'une ville comme Biscarrosse dont le fond de commerce tient pour beaucoup à sa qualité de vie au bord de l'océan ?
Non. Il n'y aura pas de retombées négatives. On nous prédisait l'enfer avec la marée noire et, au final, nous n'avons pas connu la moindre désaffection. Pourtant là, le problème environnemental était autrement plus sérieux.

En plus de votre mandat de maire, vous êtes également salarié du CEL. N'avez-vous pas le sentiment dans cette affaire d'être juge et partie ?
Non. J'ai d'excellentes relations avec la direction du CELM. La venue de Greenpeace a été très bien gérée. Chacun est resté dans son rôle. C'était d'ailleurs la première fois que nous avions à gérer un problème en commun. Néanmoins, il est vrai que j'ai un très très gros devoir de réserve.

Le CEL fait partie intégrante de l'histoire économique et sociale de Biscarrosse. Son poids est-il toujours aussi important ?
Le Centre d'essais est ici depuis quarante-quatre ans, et même si nous sommes passés de 3 000 salariés à 1 000 aujourd'hui, sa présence est toujours fondamentale pour nous. Si on devait nous annoncer sa fermeture, ce serait une catastrophe.

En ce sens, ce nouveau contrat M 51 est une bonne nouvelle pour l'avenir du CEL...
Bien entendu, c'est un programme qui va assurer la pérennité du centre pour plusieurs années. C'est important car aujourd'hui la technologie militaire demande de moins en moins de personnel. Notamment parce qu'elle utilise davantage la simulation et aussi parce que de tels essais coûtent cher.

Enfin, en tant que maire, quel est votre sentiment sur le nucléaire ? Etes-vous pour ou contre ?
Bien sûr, je préférerai vivre sans, mais vu ce qui se passe, notamment en Iran, je ne pense pas que ce soit le moment de baisser la garde. C'est une force de dissuasion. Quant à l'énergie, tant qu'elle est propre et maîtrisée, je ne suis pas contre. Ca permet de diversifier nos sources d'approvisionnement. Par ailleurs, je rappelle que les technologies militaires connaissent ensuite des applications non négligeables dans le civil. Il serait bon de ne pas l'oublier.

BISCAROSSE : 85 % de recyclage lors du festival de la Paix

Festival de la paix de Biscarosse, 22, 23, 24 septembre. Le festival de la paix était associé à la manifestation contre le missile nucléaire M 51 du centre d'essais des Landes (CEL), manifestation organisée par Greenpeace dans l'objectif de mener une inspection citoyenne contre le missile M 51 et ses mini-bombes nucléaires, à défaut d'une inspection officielle menée par l'ONU, et afin de constater que la France se trouve en violation du traité de non prolifération.

Selon les estimations officielles : 6.000 personnes étaient présentes vendredi soir 22 septembre, 12.000 personnes samedi 23, 4.000 personnes dimanche 24.


Bilan des déchets du festival

Tous les déchets ont été collectés et pesés par catégorie. Sur toute la durée du festival, nous avons compté 4950 kg de déchets ménagers : bouteilles et canettes en verre, restes de repas, cartons, canettes métalliques, bouteilles plastiques transparentes, emballages et gobelets plastiques résiduels. Le poids du verre a été effectué par les engins de relevage des conteneurs du Sivom, les autres produits par nous-mêmes, par petites quantités.

Tri des déchets :

Les différents points de colfecte des déchets ont permis de collecter ces 4950 Kg de façon séparative. En voici le décompte :


Verre 3300 kg ------------------------------------------------------------------ ce qui donne ---------------- 66 % en pourcentage par rapport au total de 4950 kg

Restes de repas, 500 kg -------------------------------------------------------- soit -------------- 10 % Les restes de repas et produits biodégradables ont été apportés chaque jour au compost d'un agriculteur local, après pesage. Des éléments carbonés et d'aération ont été ajoutés aux éléments humides et azotés (paille, broyats, gobelets en carton biodégradable), afin d'élaborer un compost de qualité.

Produits recyclables dits "propres et secs" 500 kg ---------------- 10 %
Ces produits ont été conditionnés en poches étiquetées chacune selon le produit contenu, puis pesées.
Nous avons apporté ces produits au centre de valorisation des déchets du Teich (Gironde), qui en a véfifié la qualité. Ces 500 kg pesés globalement par le repreneur se répartissent en EMR 184 kg (papier carton emballage ménager) GDM 50 kg (gros carton). PET 136 kg (bouteilles plastiques transparentes), PEHD 4 kg (bouteilles plastiques opaques, comme celles de lait), métal 109 kg (canettes métalliques de boissons et boîtes de conserve), ELA 27 kg (briques alimentaires). Le centre de valorisation du Teich, bien que recevant nos produits parfaitement triés, devra supporter des frais de reconditionnement pour ces quantités trop petites par rapport à ses installations. Cependant, considérant notre démarche positive, il a fait un geste solidaire en facturant notre apport à zéro euro.

Les produits recyclables dits "propres et secs" représentent un total théorique de 10 %. Cependant, concrètement, si on enlève 1% de refus au centre de valorisation, nous obtenons 9%. Le total de produits qui seront effectivement recyclés est donc de 85%.

Total des produits qui seront effectivement recyclés -------------- 85%

Emballages et gobelets plastiques résiduels 650 kg --------------- 15 % (14 % + 1% de refus de tri prévisible)

Ces déchets résiduels ont été mis en poches plutôt petites et emportés par des participants du festival qui résident dans des secteurs couverts par une collecte aboutissant en CSDU (centre de stockage de déchets ultimes), afin de les déposer à leur collecte hebdomadaire dont ils sont contribuables.

De cette manière, nous pensons que ces déchets seront des moindres nuisances pour l'environnement et la santé. En effet ils sont exempts de biodéchets (tous les restes de repas ayant par ailleurs abouti en compost), en conséquence ils ne produiront ni odeurs ni de jus de décharge (lixiviats).

De cette manière également, nous avons évité qu'ils aboutissent à l'incinérateur près de Biscarosse (incinérateur de Pontenx). En effet, en dehors de la collecte du verre, nous avons décliné le service local payant de collecte des déchets afin d'éviter le recours à l'incinérateur local, car nous réprouvons cette méthode. Un incinérateur est un formidable disperseur dans l'atmosphère des substances synthétisées par la combustion, dont certaines toxiques, substances qui ensuite retombent au sol parfois très loin, remontent dans les chaînes alimentaires, se fixent dans les graisses et les tissus pour 5 ans, 10 ans ou davantage, et aboutissent au risque de cancers et à celui de modifier génétiquement les générations futures.

Cette opération tri des déchets du festival de la Paix avec objectif de recyclage maximum, avait été préparée durant une semaine auparavant par des bénévoles des associations locales Avecicm-Environnement Val de l'Eyre, Objectif Collectif, Verts du Val de l'Eyre, Collectif déchets Girondin, ainsi que par l'équipe organisatrice de Greenpeace. La coordination s'est très bien passée. Cette opération a généré un investissement matériel de 400 euros (caissettes de tri, poches, gants pour les ambassadeurs du tri et bénévoles du nettoyage, lampes, matériel d'affichage).

Durant les trois jours du festival, de nombreux bénévoles recrutés sur place par Greenpeace ou par l'Avecicm-Environnement, sont venus grossir les équipes d'ambassadeurs du tri et d'agents de nettoyage. De plus de nombreux festivaliers se sont proposés d'eux-mêmes aux tâches de nettoyage, notamment tard dans la nuit ou aux petits matins après la fête, sur les lieux de camping et en forêt.

Les points de collecte et l'esprit général d'adhésion à l'opération tri des déchets et de nettoyage, ont permis de reccueillir l'essentiel de la collecte séparative. Lors du nettoyage final lundi matin et de remise en état des lieux, les campeurs qui restaient ont été sollicités pour participer et se sont prêtés de bon gré à toutes les tâches. Lors de ces nettoyages il s'agissait aussi de trier ce que certains au préalable n'avaient pas trié. A aucun moment il n'a été question de ramasser tout en vrac.

Les bouteilles et canettes en verre n'étaient pas autorisées sur le site du festival, mais en dehors oui. Nous disposions de trois conteneurs vides pour collecter le verre, un à l'entrée du festival, les deux autres près des camping. Ces conteneurs étant presque tous remplis le dimanche, nous avons obtenu l'arrivée d'un conteneur supplémentaire mardi en fin de matinée. En attendant nous avons stocké les surplus de bouteilles dans une centaine de cageots. A l'arrivée du quatrième conteneur, des bénévoles ont mis toutes les bouteilles dans ce conteneur.

Il est à remarquer que l'ensemble de la collecte de verre a été particulièrement bien triée, le contenu des conteneurs ne souffrant aucune erreur, contrairement à ce qui se passe souvent, ce qui oblige ensuite les chaînes de tri du verre broyé à écarter les déchets parasites (porcelaine, plastique, métal). Lors du festival de la paix, les conteneurs de verre ne contenaient que du verre. Cette collecte comme les autres était de qualité.

Aujourd'hui il n'y a plus de déchet sur le site, et on peut dire que le terrain est très propre. Le sous préfet a transmis ses félicitations à Greenpeace pour l'organisation générale, la tenue du festival, l'absence de problème, et la propreté. Plusieurs responsables locaux et professionnels sont également venus sur le site après le festival lundi et mardi, et ont pu exprimer le même constat. Il s'agissait du président de la communauté de communes (qui avait mis le terrain à notre disposition), le directeur de la communauté de communes, des agents techniques de la communauté de communes, les pompiers, un adjoint au maire de Biscarosse, la directrice du Sivom (syndicat d'ordures ménagères), des agents de netoyage de la commune de Biscarosse, des agents de la police municipale de Biscarosse.

Le bonus ...

Des toilettes sèches ont été installées durant le festival et ont donné satisfaction à leurs utilisateurs. Les économies d'eau et de traitement par assainissement ont ainsi été réalisées. Plusieurs responsables locaux ont apprécié ce fonctionnement et se disent intéressés pour d'autres manifestations. Par ailleurs le produit des toilettes sèches s'ajoute au compost. Un suivi sera spécialement assuré afin que ce compost soit de bonne qualité, avec transformation progressive et sans odeur. Une étude préalable avait été réalisée afin que cette opération se déroule pour le mieux.

Les surprises...

Trier les déchets apporte parfois quelques surprises. Retenons les bonnes : nous avons récupéré une pendule murale, un pulvérisateur de jardin, un sac de couchage et deux pulls en bon état, deux couteaux de cuisine en état neuf, un billet de cinq euros, et... un bouquet de fleurs avec son pot en grès très joli ! De plus, grâce au tri final, certains organisateurs ont récupéré quelques dossiers égarés qui avaient été mélangés à l'occasion d'un départ précipité !

D'autres mondes sont possibles... nous l'avons montré dès maintenant !

En manifestant contre le missile M51, nous avons voulu montrer que d'autres mondes sont possibles que celui de la guerre nucléaire. Aux yeux de nombreux témoins et au-delà des différents groupes sociaux présents, le festival de la paix a montré un esprit solidaire et pacifique.

En laissant le lieu propre, en recyclant ce que nous consommons, en réduisant nos déchets en amont, nous montrons que d'autres mondes sont possibles que celui du gaspillage des matières premières et des pollutions par l'incinération ou par les décharges.
27 Septembre 2006

39 citizen inspectors arrested in France

On Saturday 23rd September, 39 "Citizen Weapon Inspectors" from England, Scotland, Belgium, France, the Netherlands and Germany, managed to gain access to the Centre d'essai des Landes (CEL) nuclear missile testing site near Biscarosse in southern France.
This nonviolent direct action was part of the mass citizens inspection action organised by a coalition of many French peace and anti-nuclear groups, to oppose the development of the new submarine launched "M-51" nuclear missile.Some of the activists, who entered the base in small groups, managed to spend several hours inside the military base before being arrested. Once arrested they were handed over to the Gendarmerie within the base, interviewed, and released within a few hours.
A report has been made by the Gendarmerie to the local prosecutor, who will decide whether or not the inspectors will receive any legal consequences.

Belgian activists arrested in France

Sun 24/09/06 (VRT, télévision belge) - Some twenty Belgian activists that tried to enter a military domain near Bordeaux on Saturday have been questioned by the French police. The Belgians were part of a group of international peace activists that wanted to inspect the military base of Biscarosse.

The Belgians were part of a group of 40 countrymen that took part in what they called a large civil inspection of military premises.

The inspection was organised by a network of French peace organisations and the aim was to enter the 'Centre d'Essai des Landes' in Biscarosse, near Bordeaux.

The action had attracted bomb-spotters from across Europe.

In total, there were more than 1,000 activists with delegations from countries including Britain, Sweden, Germany and the Netherlands.

According to the peace activists, the military base in Biscarosse functions as a storage and testing centre for the M51-nuclear missiles, also known as the mini-nukes.

The peace organisations claim that in doing so, France does not observe the non-proliferation agreement and violates international law.

Inspection citoyenne

Aujourd'hui en France - 22 09 2006 - Aquitaine

Plusieurs organisations pacifistes, écologistes ou antinucléaires, dont Greenpeace, Sortir du Nucléaire, le Mouvement de la Paix et les Verts, organisent ce week-end à Biscarrosse (Landes), un mouvement de protestation contre le nouveau missile M51, capable de transporter des mini-bombes nucléaires, en violation selon elles du Traité de non prolifération. Plusieurs concerts avec Johnny Clegg comme tête d’affiche, et une « inspection citoyenne » du Centre d’Essai des Landes sont au programme. Plusieurs centaines de gendarmes mobiles sont mobilisés, et les plages proches du CEL sont interdites.

Pierre Sauvey

Landes: Week-end anti-missile M51 à Biscarrosse

La dépêche du Midi - Les associations antinucléaires et pacifistes ont sorti le grand jeu pour un week-end de protestation à Biscarrosse (Landes) contre la fabrication du missile M51. Outre la « manif-action non violente» prévue aujourd’hui à 14 heures pour une « inspection citoyenne du Centre d’Essais des Landes », ils ont programmé une quinzaine de concerts entre hier et dimanche soir, avec en tête d’affiche Johnny Clegg ce soir.
Greenpeace, Sortir du nucléaire, les Amis de la Terre, les Faucheurs Volontaires, le Mouvement de la Paix, ou encore les Verts appellent à ce « grand rassemblement » pour « dénoncer le développement du nouveau missile tactique destiné à l’usage de mini-bombes nucléaires, en violation du traité de non-prolifération des armes nucléaires ».
Toutefois l’armée refuse cette « inspection citoyenne », même si une délégation de porte-paroles pourra être reçue au Centre d’Essais des Landes. Le préfet des Landes a pris un arrêté préfectoral interdisant baignade, activité nautique et toute circulation de promeneurs sur les plages comprises entre Biscarrosse-Sud et Mimizan-nord. Des gendarmes mobiles sont mobilisés.
Le missile M51 est fabriqué dans les établissements bordelais de EADS Space Transportation, qui a remporté ce marché de 3 milliards d’euros, sur lequel travaillent environ 1000 ingénieurs et techniciens. Il est destiné à remplacer à partir de 2010 le missile M45 qui équipe actuellement les sous-marins de la Force Océanique Stratégique. Le coût global du projet est estimé entre 8 et 10 milliards d’euros.
Pierre Sauvey

« Le mur du silence brisé »

BISCARROSSE. 39 militants ont pénétré dans l'enceinte militaire du Centre d'essai des Landes

25 Septembre 2006 - Sud Ouest - Maryan Charruau


Militants. Ces dix Britanniques, dont leur porte-parole Angie (assise), ont pénétré dans l'enceinte militaire du CELM. Photo ALINE MARQUE

Trente-neuf. C'est le nombre de militants belges, hollandais, britanniques, suédois et français qui, samedi à 13 heures, sont parvenus à franchir les grillages et à déjouer la sécurité du Centre d'essais des Landes et de la Méditerranée (CELM), à Biscarrosse. Cette action s'est déroulée en marge du rassemblement pacifiste organisé par une coalition d'associations autour de Greenpeace ponctuée samedi après-midi par une marche de Biscarrosse-Plage au CELM qui a rassemblé près de 1 500 personnes (lire nos éditions précédentes).
Si tous les militants rentrés illégalement sur le site ont été interpellés, les derniers l'ont été après sept heures de « divagation » dans l'enceinte militaire. Amenés ensuite à la brigade de gendarmerie de Biscarrosse, une fois entendus par les autorités, ils ont été remis en liberté quatre heures plus tard. « Ils sont entrés dans une zone interdite et encourent une poursuite pénale », reconnaît le procureur de la République, Jean-Pierre Laffite, « à savoir une contravention de 4e catégorie, soit une peine d'amende maximale de 750 euros ».

Désobéissance civile. Figure connue en Angleterre de la lutte antinucléaire, Angie, 55 ans, faisait partie du groupe composé de dix Britanniques qui a investi le site militaire. « Nous voulions dénoncer le fait que la France bafoue le traité de non-prolifération de l'arme nucléaire et bafoue donc les lois internationales. Notre objectif est atteint. Et si la gendarmerie ne mènera pas l'affaire devant les tribunaux, c'est pour que celle-ci ne remonte pas jusqu'au grand public. » Angie fait partie de l'association britannique Trident Ploughshare, habituée à ce type d'actions.
Porte-parole antinucléaire de Greenpeace France, Xavier Renou assure que « les 39 militants, réunis pour l'occasion sous la bannière "Pour un monde sans arme nucléaire", ont agi de leur propre fait. Nous n'avions pas appelé à des actes de désobéissance civile. »

Rendez-vous au printemps. Xavier Renou tire alors un bilan de ces trois journées d'action. « Depuis janvier 1996 et la demande d'arrêt auprès de Jacques Chirac des essais nucléaires, jamais une manifestation n'avait mobilisé autant de monde. Grâce à la couverture médiatique obtenue, le mur du silence est brisé pour ce qui touche au nucléaire en France. Côté concerts, jamais autant d'artistes majeurs (une douzaine) n'avaient proposé une telle affiche exceptionnelle. »
Samedi, devant 12 000 à 13 000 personnes (source officielle), s'est notamment produit Johnny Clegg. Impressionnant de puissance, le Zoulou blanc qui doit effectuer prochainement une tournée en France , après sa première chanson, a lu un texte en français. Il a rappelé que l'Afrique du Sud « a renoncé au nucléaire ».
Aussi, sa présence est « une marque de soutien à l'égard des militants ». Des militants qui devraient revenir à Biscarrosse « en avril ou en mai 2007, et ce, dans le cadre du débat présidentiel. Nous voulons augmenter la pression sur les candidats et étendre notre action sur d'autres sites français », commente Xavier Renou.

Un acte citoyen majeur

ANTINUCLEAIRE. Mobilisation antinucléaire importante ce week-end à Biscarrosse. La marche a rassemblé 1 500 manifestants samedi et le concert, le soir, 13 000 personnes

Sud-Ouest - Lundi 25 septembre 2006 - Maryan Charruau
Tout d'abord des chiffres : 1 500 manifestants à la marche antinucléaire; 240 personnes revêtant la tenue spéciale missile. 39 militants s'introduisant sur le site militaire du CELM. Plus de 13 000 spectateurs samedi aux concerts avec Johnny Clegg. Un champ de maïs OGM coupé. Ces chiffres clés, loin de résumer l'ampleur de trois jours de mobilisation, marqueront symboliquement cet événement antinucléaire. Le plus important depuis janvier 1996 et la demande d'arrêt des essais nucléaires français.
Samedi, les manifestants sont venus d'un peu partout de l'Hexagone. Chacun a exprimé la raison de sa participation. Patrick, 46 ans, médecin, Chateaubriand (Loire-Atlantique) : « Le fait que la France ne respecte pas le traité de non prolifération des armes nucléaires est abominable, abjecte. » Jibé, 19 ans, comédien, Le Mans (Sarthe) : « C'est important que le message soit développé. Les gens ne sont pas forcément bien informés. Des choses dangereuses sont cachées. »

Terre d'accueil. Jeanine et Jacqueline, Paris : « Il n'y a pas si longtemps que ça, c'étaient les ringards qui participaient à ce type de manifestation. Aujourd'hui, les militants sont de plus en plus jeunes. A priori, il y a une prise de conscience. » Michel, 56 ans, La Rochelle (Charente-Maritime). « Il faut arrêter cette politique suicidaire. Citant Descartes, Kant disait : "Le bon sens et la raison sont la chose la mieux partagée au monde." Je n'ai rien à ajouter. » Hélène, Mont-de-Marsan : « Nucléaire, c'est un mot barbare, insupportable. Il me fait mal. » Hélène, Bordeaux : « C'est bien que cette mobilisation se passe dans les Landes, terre d'accueil. »
A la fois joyeux et décontractés, les manifestants qui ont pris part à cette marche placée sous la direction de Greenpeace. Une association impossible à manquer, nantie de banderoles mais aussi de ses combinaisons, véritables imitations de missiles... missiles présents donc dans le centre d'essais des Landes et de la Méditerranée (CELM) de Biscarrosse. Et si peu d'élus ont participé à la marche, trois partis étaient représentés les Verts, le PCF et la LCR , et la seule écharpe du cortège était portée par Dominique Masset, maire de Montagagne dans l'Ariège. « Nous avons pris une délibération en conseil municipal afin qu'une personne prenne part à cette marche. C'est un acte citoyen. »

Sous l'orage. Les autres temps forts de cette mobilisation furent sans conteste les trois soirées concerts gratuites organisées non loin de l'aérodrome. La palme revient au rendez-vous de samedi. Car il en fallait du courage pour lutter contre les éléments. A la tombée de la nuit, un bel orage a laissé échapper éclairs et averses multiples. Comme celle de 22 heures, retardant l'arrivée de Johnny Clegg.
Les 12 000 personnes ont cependant eu raison de patienter. Car le zoulou blanc est impressionnant, ne serait-ce que par son physique de première ligne. Sa voix porte toujours aussi loin et fort les messages de paix, comme celui d'ailleurs qu'il a lu en français, encourageant chacun à lutter contre les armes nucléaires. Après une heure de scène, il a simplement dit « au revoir », ne jouant pas les stars blasées. Marcel et son orchestre pouvait enchaîner ses rythmes fous et entraînants. Et chacun de se laisser entraîner par la foule !

Du maïs transgénique en Gironde

[Note du webmestre : nous ne publions pas ce texte par hasard ; lire l'article pour comprendre]

LUGOS (33). Une opération non revendiquée, conduite par des faucheurs anonymes, s'est soldée par la destruction d'une parcelle de 1 000 m2
A la faveur de ce fauchage, l'on a découvert pour la première fois que du maïs BT est produit en Gironde à des fins commerciales

Sud-Ouest - 26 Sept. 2006 - Jacques Ripoche - Les condamnations, parfois lourdes, prononcées ces derniers temps par les tribunaux ont incité les faucheurs d'OGM à la prudence. Le fauchage à visage découvert, emblématique d'une « désobéissance civique » hautement revendiquée et à grand renfort de tambour médiatique, ne semble plus de mise. C'est donc une opération anonyme qui a été conduite samedi après-midi à Lugos, dans le Val de l'Eyre, où une parcelle d'environ 1 000 m2 située près de la gare a été détruite.
Ce fauchage, auquel auraient participé 37 personnes, avait été annoncé samedi soir à Biscarrosse, à l'occasion de la manifestation « Pour un monde sans arme nuclaire » de Greenpeace. C'est Xavier Renou, porte-parole antinucléaire de Greenpeace France, lui-même, qui l'a révélé ! (notre édition d'hier).

Plainte déposée. Pour autant, aucun syndicat, mouvement environnementaliste ou parti politique ne l'a revendiqué. « En tant qu'association, nous n'y avons pas participé » assurait hier Patrick Maupin, responsable Greenpeace Gironde. « Le fauchage n'est pas notre ligne de conduite », indiquait pour sa part Christian Crouzet, secrétaire régional de la Confédération paysanne. Chez les Verts, Michel Daverat, président du groupe au Conseil régional d'Aquitaine, parlait d'« acte isolé », tandis que Christian Berdot, animateur de la campagne OGM des Amis de la terre, disait son étonnement.
Jusqu'à hier, le fauchage ayant été simplement annoncé, mais ni localisé ni revendiqué, c'est un certain flou qui a prévalu. Au point même que l'on s'est interrogé sur sa réalité. En fait, le changement de mode opératoire implique un scénario à double détente : ce ne sont plus les faucheurs qui assurent la publicité de leur acte, mais la victime du fauchage en déposant plainte auprès de la gendarmerie ! Et un agriculteur (identité non révélée) a effectivement déposé plainte hier à la brigade de Belin-Béliet.

Maïs BT. La parcelle visée comportait du maïs transgénique destiné à la commercialisation, comme le confirme l'Association générale des producteurs de maïs (AGPM) qui a son siège à Pau. « Il s'agit de maïs BT autorisé », précise l'ingénieur Cédric Poeydomenge. Ce maïs génétiquement modifié pour résister aux attaques de la pyrale et de la sésamie, ses principaux parasites, a été, dit-il, « cultivé en toute légalité, dans le respect des règles de la coexistence entre OGM et non-OGM ». La parcelle a fait l'objet d'une « déclaration au ministère de l'Agriculture dans le cadre du comité de biovigilance ». Pour Cédric Poeydomenge, c'est clair : « Encore une fois, c'est l'outil de travail de l'agriculteur que l'on attaque ! »
Après le fauchage anonyme, l'affaire devrait rebondir du côté des anti-OGM ayant pignon sur rue. Michel Daverat (Verts aquitains) se déclare « surpris et scandalisé que des gens prennent le risque de contaminer le champ du voisin ! ». Il soulignait que, « pour la première fois était révélée l'existence de culture OGM en Gironde ». Surtout, il ne voudrait pas découvrir qu'il s'agit d'un « maïs OGM irrigué », auquel cas il aurait pu bénéficier d'argent public régional par les biais des subventions à l'irrigation !

A quand la loi ? En arrière-plan, c'est la question de l'absence de législation qui transparaît. Si le maïs BT est effectivement autorisé en France et se développe à des fins commerciales, la directive européenne sur la coexistence n'a pas toujours pas été traduite en droit français. A défaut, la règle qui prévaut est celle d'un code de bonne conduite qui résulte de trois années d'expérimentations conduites par l'AGPM dans le cadre de son Programme opérationnel d'évaluation des cultures issues des biotechnologies (POECB).
Que l'Etat légifère, c'est ce que réclament les anti-OGM... Les pro-OGM aussi ! Chacun avec des objectifs différents. A plusieurs reprises, la loi sur les OGM a été annoncée pour la fin de cette année. Mais avec la période électorale qui s'ouvre, beaucoup en doutent.

Cultures commerciales - Un champ d'OGM fauché

Sud-Ouest - 25 Sept. 2006 - Xavier Renou affirmait dès samedi : « Les Faucheurs volontaires ont mené une action ». 37 personnes ont coupé du maïs transgénique sur un site non communiqué situé « non loin de Biscarrosse. Il s'agit de cultures commerciales pour le marché espagnol. Jusqu'alors, les champs se trouvaient dans la région de Toulouse et en Ariège. La culture OGM s'étend. » Le champ en question ne serait pas dans les Landes mais à Salles, en Gironde. Joint hier soir, le maire de Salles, Vincent Nuchy, assurait ne pas avoir été averti de cette action. Pour leur part, les autorités expliquaient ne pas avoir enregistré de plainte. Aussi, hier soir, les Faucheurs volontaires se refusaient à revendiquer cet acte.

Les « gardiens de la paix » à Biscarrosse

NUCLEAIRE. -- Le festival « Non au missile M51 » a débuté hier dans des conditions d'urgence qui n'auraient pas été dépassées sans les réseaux de Greenpeace


Xavier Renou. Le responsable de Greenpeace et les bénévoles ont dû monter la scène dans des conditions météo chaotiques, mais tout était prêt hier soir. PHOTO NICOLAS LE LIEVRE

Sud-Ouest - Samedi 23 septembre 2006 - Jefferson Desport
La station balnéaire de Biscarrosse (40), au sud du si sélect bassin d'Arcachon, deviendra-t-elle le poste avancé de la lutte antinucléaire en France ? Difficile à certifier avec autant de précision et d'aisance qu'une frappe chirurgicale du futur missile M51 qui sera testé ici (lire ci-contre), au Centre d'essais des Landes, mais force est de constater que ce week-end de protestation organisé par Greenpeace constitue, chez les pacifistes, bien plus qu'une simple escale. C'est, en réalité, le début d'une véritable campagne dont le coup d'envoi a été donné, hier soir, dans des conditions d'urgence et de difficulté qui n'auraient certainement pas été dépassées sans la puissance de Greenpeace et la mobilisation du tissu associatif hexagonal. Car si la décision de venir dénoncer ces essais de missiles capables d'embarquer de mini-charges nucléaires a été prise en juin dernier, les organisateurs de ce rassemblement n'ont eu